DESPONDENTS – Hela

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Qu’il était attendu cet album! Après quelques années d’inactivité, les toulousains, glorieux représentants de la scène française des 90’s, notamment avec le superbe "Y2K", reviennent sous la forme d’un duo réduit à Sandrine Smallwood (chant) et  son frère Nicolas (instruments et arrangements) pour ce "HeLa" dont on va forcément entendre parler.

Privilégiant  le "self-made", le duo , il faut le dire sans hésiter, innove et frappe à nouveau un grand coup avec cet album enchanteur et plutôt mélodique. Le nerf, la rudesse rock est toujours au rendez-vous, mais cette fois, les DESPONDENTS la délaissent quelque peu au profit d’ambiances plus légères et qui incluent des textures électro efficaces et bien distillées. La qualité dans l’évolution, voilà donc ce que propose le duo. La voix enjoleuse de Sandrine, qui comme le dit la bio du groupe met en évidence son écriture profondément féminine (et c’est tant mieux!) se marie parfaitement aux arrangements toujous ingénieux de Nicolas et au final, c’est un album détonnant de par sa qualité qu’il nous est donné d’écouter. De par sa variété, aussi.

"Dénouer nos liens", qui débute sur de jolis bruitages électro, inaugure le disque de façon triomphale et se pose imédiatement en tube rock imparable. Ambiances posées alternent avec des guitares "façon Y2K", tandis q’un violon splendide, aussi majestueux que discret, donne au tout un certain cachet. Les textes (il est impératif, ici, de s’y arrêter) ne sont pas en reste, loin de là, et font étalage des qualités littéraires du duo.

On pense évidemment à DOLLY, le DOLLY "seconde époque", mais c’est avant tout aux DESPONDENTS qu’on a affaire et force est de constater que ces quelques années de "repos" sont loin d’avoir érodé le talent du groupe.

"Les gestes tendres" qui suit se veut lui aussi rock et on retrouve avec un plaisir énorme ces guitares  cinglantes et toujours inventives, avant qu’une accalmie ne se présente sur  "Seul au monde" calme et plus acoustique, qui fait la part belle au chant de Sandrine.

Un savant mélange de rock et d’électro discrète nous est ensuite proposé sur "A genoux", bien-nommé dans le sens où son allant et son sens de la mélodie mettent l’auditeur..à genoux, puis "Une nuit", mid-tempo, fait penser aux titres de PJ HARVEY sur lequels la fermière du Dorset se met à nu et dépouille sa musique à l’extrême.Un réussite parmi d’autres sur cet opus délicieux, à l’image de "Petit ange" qui suit; court morceau rêveur et qui repose sur une guitare tranquille, quelques sons récurrents bien choisis et Sandrine qui y va se son chant charmeur et mélancolique.

Voilà donc pour cette première moitié d’album.Doit-on craindre, comme cela arrive souvent avec la plupart des groupes, une baisse de régime sur le seconde partie?

Rien de tout ça!

Le duo maintient la même qualité, débutant par "Mets tes mains  sur ma bouche", gentiment rock, orné comme nombre de titres de ces guitares jouissives et doté comme à chaque titre de textes saisissants. Un riff bien trouvé (bravo Nico!) introduit ensuite "Au creu de tes mains", d’abord sage puis qui hausse le rythme, les guitares bataillant avec des plages électro jamais envahissantes, toujours au service des morceaux qu’elles soulignent joliment.

"Entre tes mains" offre un climat plus délibérément rock, les six-cordes se montrant en fois de plus addictives (c’est décidément une marque de fabrique, désormais, chez les toulousains), puis "Automne" prend le contrepied de ce titre rock en montrant une facette apaisée qui permet de profiter à plein de l’habillage sonore magnifique élaboré par Nico. "A nu" produit un peu le même effet ,drapé dans cet enrobage sonore envoûtant, puis "C’était beau?", qui voit l’intervention d’un certain Hugo au chant et à la guitare, propose une sorte d’électro presque indus, confinant au post-rock de par sa répétitivité, relevée par un chant infantile inédit et charmant.

Pour conclure, inutile d’y aller par quatre chemins; il est impossible que cet album ne fasse pas date dans l’histoire du rock hexagonal, et il serait incompréhensible que les DESPONDENTS ne érécoltent pas enfin la reconaissance que la décennie précédente décennnie aurait déja du leur apporter. Superbe.