C’est au mitan des genres, des ères, que se place les excellents Trainfantome. Nichée entre Nantes et Lorient, brainchild du chanteur/guitariste/compositeur Olivier Le Tohic, la formation hexagonale use du grunge, de l’emo, du shoegaze et autres réjouissances soniques, parvenant à un amalgame fortement addictif. C’est ici AVOIDER qui ouvre les débats, shoegaze, nacré dans le chant, leste et accrocheur. DESIRE PATH enchaine, alerte; ses notes claires réitérées plairont. Il s’emphase, percutant, dans un crachin nourri. HERE THE MERMAIDS PLAY, massif, prend la suite avec autant de panache. Il égale, dans ses spirales, My Bloody Valentine. Le bref (purgatory) pose un intermède tout en beauté, posé. Il précède rituals, filant. Puis syncopé, entre vocaux songeurs et cadence assénée. Un régal, où la noise s’installe ça et là. SILHOUETTES pointe alors ses formes, shoegaze grungy, atmosphérique mais doté d’envolées affirmés. Constant Farewells réjouira son monde, gorgé de morceaux sans failles.
Pour ne pas me contredire RED HERRING, dans un premier temps délicat, finit par muer en une sorte de trip-hop hanté, vif et aérien à la fois. Superbe. On peine à pressentir, au début des titres, où s’engagera Trainfantome. Et ça me, ça NOUS va. SKINS MAKE ONE groove dans le spatial, confirmant la versatilité porteuse de l’album. Il gagne en ampleur, nettement. Vocaux sages, retenue attirante. Puis des excès, enragés. Torturés. Magnifique. BLEEDING AT THE DOOR choisit la vitesse, shoegaze 90’s millésimé. Ses coups de sang opèrent, dans la foulée ORIGAMI mate lui aussi ses shoes et maçonne une trame sonique-rêveuse du plus bel acabit. Elle se brise, ici les sautes d’humeur sont légion. Et pertinentes, pis t’as vu l’épique qu’on traverse toi?? Pas de quoi gazouiller hein…mais on a MY LIPS TASTE LIKE THE OCEAN et son grunge dreamy pour finir la course et ça ne fait pas le moindre pli, la partie est gagnée et le disque talentueusement travaillé.

©Nicolas Rétine
