PAL est une norme de codage couleur du signal vidéo, créée en Allemagne en 1967. Ben nous v’là bien! C’est aussi, heureusement, un groupe de pop expérimentale, fondé par des membres des groupes MOSSAÏ MOSSAÏ, ANNA ou encore RANK-O. Et ça, ça incite à s’y pencher. Bref assez bavassé, L’Immense sérieux du capital marie vagues de sons noisy et chant songeant, le rythme se sacaddant soudain sans trop de violence. Ca le fait d’emblée. PAL expérimente, se cimente, se fracture aussi. Immeuble, plus serein, lo-fi, pose une ambiance déliée. Là aussi le chant, de Dame cette fois, s’avantage. Notons qu’en live, PAL se fend d’une proposition audiovisuelle conséquente, dont C’est un désastre est un peu la version sonore. Moi, ça me va. Une main tendue vers l’Amérique, lent, paresseux, orchestral autant que jonché de sonorités sombres, joue sur les contrepoints. Et marque des points. Les textes, également, valent toute l’attention possible. La tension, elle, se module. L’errance est porteuse, le track porte des éruptions soniques sans hâte de toute beauté hirsute.
PAL a du chien, il se déphase, couple le beau et le sali. Pays, selon ce procédé efficient, fait se succéder sons tordus et mélodies bancales. Et écoute-moi donc ces mots, foutage de gueule à l’attention de ces crevards de bourgeois. Vous voyez lesquels? Achetez ce disque, il vous le dira. Incendies, sans foutre le feu, ouvre une brèche mélodieuse qu’une boucle répétitive décore. PAL se fout des normes, il s’en tient à très respectable distance. Glyphes, psyché, spatial, bien mis itou mais tout de même pas trop, faut pas pousser mémé dans les orties, s’évade à son tour. Le jeu en vaut la chandelle, Léo chante et l’ambiance s’assagit mais reste prenante. Terminé? Que nenni cher ami, il nous reste un Carnaval de fin d’hiver pour une dernière fois, se fader une pop dédiée à l’aventure. Voilà une finition aussi élégante qu’excessive, oh mince j’ai les Boo Radleys dans l’casque là si si ah mais nan en fait, c’est PAL et ses joyeux drilles! Impeccable.

©Louise Lécrivain
