Trio bruxellois formé par Casimir Liberski, Lucien Fraipont (Robbing Millions, Aksak Maboul, Duid) et Shoko Igarashi, Maniac Maison erre. Avec succès. Ses sphères libres attirent, Les Pantoufles qui ouvre le bal se laisse prendre dans la brise. Il est aérien, fait de volutes osées. Dora Neko, après ça, se déploie sans hâte. Son chant dépayse, ses envolées retiennent. A sa suite Jojo et son jazz enfumé, saccadé, poursuivent l’investigation sonore. Les changements de ton sont légion, la luxuriance du tout irrésistible. L’audacieux aimera, le plus rangé partira. Je travaille sur ma musique, de chants « robot » en phases remuantes, souffle un rendu hybride, rude comme léger. J’adore. Death Companions séduit à son tour, alerte. L’instrumentation est élargie, les vocaux épars mais remarqués. Maniac Maison se décrit difficilement, son disque lui s’écoute sans trop de limites. On y défriche, entre zik de niche et création riche.
Sur le second volet New Museum, songeur -dans un premier temps- et appuyé, funky et déviant, fusionne allègrement. Il s’emballe, nous avec. The Lake, ensuite, distille une électro-pop savamment ornée, jonchée d’exotisme et dont les chants s’illustrent. Winter Memories se fait pour sa part moins vif, climatique. Il trouve de ce fait sa juste place. Avenues lui emboite le pas, jazz, d’un jeu flamboyant. Chez Maniac Maison on sait faire, défaire aussi, et le résultat s’en ressent. La norme est recalée, l’osé sacré. A l’heure où Brutalist Self-portrait borde la série, jazzy variable, il va de soi qu’on a et depuis un bon moment approuvé l’entièreté de ce マニアックメゾン totalement réjouissant.

