Projet d’un certain Sébastien Jamet, épris de liberté, avide de légèreté et on le comprendra aisément, Levitation Free arrive avec ce Innerstate à son premier album. Le routard et néo-rennais y tisse des plans synthwave enivrants, du rock tantôt rude et des envolées dont on aura tôt fait de se draper. Feeling, dreamy, atteste le premier de son pouvoir d’accroche. Spatial, il marie voix douce et synthés en poudre. Il flotte sans heurts, puis Dancing opte pour une trame plus enlevée. L’impact de la voix s’affirme, du procédé émane une électro-pop entrainante. Le ton se raidit, sans perdre de sa « lestitude ». Cotton babe, alerte, valide l’impression favorable que l’écoute peur semer. Ses guitares tonnent, j’en danse d’approbation. Paradise, pop-rock millésimée, fait briller ses airs. Il se saccade, concluant. Rêver, aussi. Il le faut bien, en ces temps troubles.
Plus loin Been there with you, également fatal du point de vue de ses mélopées, accroît l’attraction. Innerstate colle aux basques, sa quête d’insouciance nous gagne. Sunrise s’y (é)lève, lentement. Il rocke, une fois de plus les guitares donnent. L’électro s’y greffe, bien conçue. Innerstate 95, vivement syncopé, accouche d’une électro aux traits rock là encore persuasive. Et incisive. Levitation Free maîtrise son art comme Jamet (facile…), à aucun moment on ne décèlera faute de goût ou écart qualitatif. Just like another wave, de ses notes entêtantes, fait d’ailleurs mouche. Il calme le jeu, avant un terme poussé. Everybody knows, à suivre, lance alors une pop pétillante. On s’accepte, il est question sur ce Innerstate enthousiasmant de lâcher-prise je crois, de libération liée à la perte du contrôle à tout prix. Erase that feeling, terminal, venant finir dans la synthwave la plus accomplie possible une dizaine rafraichissante, rassérénant, à l’issue de laquelle l’esprit se purge et le corps se meut.

©Gregory PERROCHON
