Dans JaNuS, Opéra Cthulhu composé par Antoine Arnera, le Grand Sbam orchestre déploie un élan vers une reconnexion de l’humain au monde du vivant. Avec humour et poésie, JaNuS rend un triple hommage à un courageux scientifique, une biologiste philosophe révolutionnaire et un puissant esprit du peuple Innu (excusez du peu). En choisissant d’écrire le livret avec son frère, le sociologue Thomas Arnera, Antoine, nourri de musique ancienne et de l’énergie du rock, nous livre une musique empreinte des mondes délirants de la biologie et de l’astrophysique.
Rien qu’à lire ça, déjà, tu saisis l’insaisissable bazar. Une épopée libre et tarée, vertigineuse, à l’addictive folie. Des interludes perchés. Ouverture et la première biture sur chants associés en fond d’orchestralo-noise. Un keutru d’tarba, comme disait Confucius. Tourbifouette II, hanté, possédé. Ses fissures cuivrées. Ses sons joueurs. Ragga II, exotique, de paroles givrées et c’est pas le seul. Le Grand Sbam se lâche, faut suivre mais à l’arrivée le bordel est jouissif. Mécanique des pompes, après un « pont » une nouvelle fois décalé, largue sa psyché sous déraison. Fin bien. Hypnose I avec le hip-hop flirte, mazette sont réellement chéper ceux-là! Je disais hip-hop, mais c’est encore plus…et je peine à définir ce Grand Sbam qu’est Janus.
En attendant Duopodes II, virevoltant, sème une rumba de cinglés. Tourbifouette I, pas plus raisonnable, tangente sévère lui aussi. Janus est une évasion, dans le mot comme dans le son. Ragga I, foutraque, accentue le zbeul. Zone Trouble fait parler son intitulé, je vous disais plus haut que t’façon l’entièreté des interludes était barjote. Symbiotshish II tout autant, le jazz s’y voit percuté par un orchestre à la symbiose qui ose. Il syncope, tape dur, malmène ses notes. Je lui donne 10 (sur 10 évidemment). Epilogue ferme alors la marche, presque champêtre, sur fond jazzy pété du bulbe. Et là y’a plus qu’à se remettre ce Janus dans les esgourdes, histoire de l’appréhender plus pleinement encore et de se laisser tournebouler par sa récurrente déviance.

