The Poison Arrows « War Regards » (File 13 Records/Coup sur Coup, 25 février 2022).

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Je l’aurai attendu, ce War Regards reçu depuis belle lurette, en cd promo, et censé à la base sortir en 2020, au printemps. Ma patience trouve récompense, dans le bonheur le plus total qu’on puisse ressentir. Dès les premières syncopes de rythmique du premier morceau, éponyme, The Poison Arrows dépose son style et ses ruades à la Girls Against Boys, avec qui il a d’ailleurs déjà joué. On les retrouve comme à la première heure, tard certes, mais au summum de ce qu’ils savent faire. Mood Swings I Don’t Know enchaine, suivant ce rock batailleur mais aussi subtilement serti. Justin Sinkovich donne de la voix, reconnaissable, à l’unisson avec ses deux comparses Patrick Morris (basse) et Adam Reach (batterie). Sa guitare défouraille et de suite le constat s’impose, prévisible: le trio est uni, soudé, sans failles. Shallow Grave se fait plus mesuré, plus insidieux, que la doublette d’ouverture. Il est tout aussi efficient, le propos des trois hommes est à la fois dense et concis. Sur de sa force, de sa portée, War Regards satisfera ceux qui, à mon image, se régalent de ces oeuvres personnelles qui singularisent les cliques, comme The Poison Arrows, soucieuses de ne pas faire dans la resucée. Night Coffee le prouve, c’est une fois de plus la recette interne qui y est de mise. Sans paraitre forcer plus que ça, l’opus s’en va chatouiller les meilleurs. Quelques saccades plus loin We Are Collateral, à l’arrière-plan sulfureux, valide ce retour gagnant.

Son unité se confirme, sur le morceau en question le rappeur Sterling Hayes débarque pour déblatérer. En duel avec Justin, il fait monter la sauce et relève, s’il le fallait encore, l’effort des Américains. Seek Harbor, où la batterie s’agite avec souplesse, l’imite avec la même prestance. War regards est de ces rondelles qu’on écoute dans la continuité, car rien ne peut en être extrait. C’est le tout qui prévaut, sa pertinence saute aux yeux et comble les écoutilles. Shattered General, galopant, « subit » l’excellence de la section basse-batterie et les griffures de l’instrument du leader. Dans une cohésion, ici encore, absolue. Au beau milieu du tapage, on breake avant de déboiter à nouveau. Laterally Speaking suit, The Poison Arrows a alors gagné la partie. Il se nuance, pourrait imploser mais décide de rester bridé. Enfin Altered Medication, au terme d’un collection imprenable, au groove sans fin, offre un climat tout aussi retenu, prenant, dont on attend la mise sous orage mais qui fait le choix de réitérer sa finesse, à l’instar du titre précédent, agrémentée de vocaux écorchés. Les jeux sont faits, les dès pipés et on se félicite de n’avoir pas décroché, deux ans après une parution retardée à laquelle on a failli ne plus croire.