Animal Triste « Night of the loving dead » (m/2L*, 4 février 2022).

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Chroniqué à cet endroit, interviewé ici, Animal Triste « from Rouen » nous revient avec Night of the Loving Dead, un disque à la hauteur des attentes qu’il a pu aiguiser, où intervient Peter Hayes (Black Rebel Motorcycle Club). Dans un rock incendiaire mais qui ne s’y cantonne pas, les six normands asseyent leur capacités, élaborent toute une suite de flammèches ombragées et, dès Machine love qui tire le rideau, assène un tempo assuré, un obscur venimeux qu’il sera bon de jouer fort. On les reconnait, sans tarder ils impriment leur patte. Tell me how bad I am feat. Peter Hayes, qui galope entre tons pop mélancoliques dans le chant et fissures rock que le BRMC contribue évidemment à dresser, persuade pareillement. The gift of love and fear s’adjoint, dans cette retenue mélodique captivante légèrement griffue, viciée, à la cohorte des morceaux qui nous resteront dans la boite crânienne. Il s’achève dans un fracas noisy bien senti, à l’image d’une entrée en matière pour le moins accomplie.

Animal Triste, non figé, place ensuite un Animal years plus tranquille. Mary, full of grace file, orageux, dans la foulée, en enflammant son refrain. Et pas seulement. Il laisse péter les éclairs, pendant ce temps le chant renvoie une mélancolie exaltée, fiévreuse. E.V.I.L enfle, se muscle, se bride, se poste dans l’entre-deux et ça lui va parfaitement. Animal Triste, on l’aura compris, n’a besoin de personne pour parachever ses essais. With every bird feat. Peter Hayes dépose une douceur en trompe l’oreille, il fait en tout cas bonne impression et on appliquera l’affirmation à l’intégralité de la galette. Que Afterlife, aux reflets pop-rock entrainants, consolide sans vaciller. Avant Play god, dont la montée en intensité s’annonce et souille joliment la trame claire du morceau. Lequel, comme attendu, s’embarque dans une embardée piquante toute en style, ponctuée par des guitares rugissantes.

A l’issue c’est Diamond dreams, dans un format apaisé folkisant, élagué et empreint de sérénité, qui met fin à l’opus en sifflotant allègrement comme s’il cherchait, revigoré, l’azur. Voilà, une fois de plus, du job bien ficelé, concocté par un Animal effectivement Triste -du monde qui est le sien, du sort qu’on nous réserve-, dont l’effort parait en traduire le contenu et surligner un chaotique quotidien. Pour ce faire il use de coins d’ombre rock, travaillés, que de temps à autre la lumière traverse, sans trop s’attarder mais en se faisant valoir. Avec, à la clé, un Night of the loving dead bougon et belliqueux, de fort belle facture, qu’un bouquet de mélodies marquantes ne se prive pas de sertir.