Delgado Jones & the Brotherhood – The man from Amoitius

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Opéra rock cosmique narrant les aventures d’un extraterrestre contraint à rester sur terre plus longtemps que prévu, The man from amoitius, nouvel opus des plus que doués Delgado Jones & the Brotherhood au sein desquels on retrouve entre autres John Trap et qui sont hébergés par le précieux label brestois L’Eglise de la Petite Folie, est une réussite de A à Z.
En effet, le rock spatial/psyché ou plus enlevé (Go south) de la clique allie imparablement mélodies estimables, caractère dans le son et envolées haut perchées. Le morceau d’ouverture est d’emblée attrayant, vocalement racé, doté d’un ornement de choix. Il en va ainsi sur pas moins de quinze titres authentiques à souhait, subtils dans leur allant (Let’s dig), parfaitement ouvragés et teintés de passion. C’est du travail soigné, précis mais sans flambe aucune, loin s’en faut. Quelques ouvertures folk s’y incrustent et on se régale des essais “cold rock americana psyché” haute qualité (au hasard, l’excellent Watermelon dance) qui parsèment l’album. L’art de Delgado Jones et de son Brotherhood réside dans son aisance à marier les options, à créer des climats. Psyché finaud mais sonique sur Run death run, entêtant dans le chant avec 8 miles qui crache un rock bourru entièrement addictif, barré dans une envolée céleste distinguée l’instant d’après (Inside the core); le groupe fait feu de tout bois. Il y a du lo-fi “bricolo”, mais avec panache, dans ce qui est livré ici. En atteste The secret of dawn, relayé par le rock offensif de ce The great socialist non moins abouti.
On n’est pas encore au bout puisque comme écrit plus haut, c’est quinze titres et pas un de moyen qui sont joués. Entre Challenger et son entrain mélodieux et le conclusif Gravity avec ses atours psych-blues enlevés et déviants, l’auditeur y trouvera largement de quoi se satisfaire. Mieux, il rejouera à l’envi ce disque en tous points remarquable, à distance des produits convenus et prévisibles.