Molly’s Interview

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Interview à laquelle s’est aimablement prêté Benoît, guitariste-chanteur.)    

1) Comment s’est formé votre groupe ?
Alors, les premières ébauches du groupe sont apparus vers fin 2005; au départ il y avait Antoine (qui a fondé le groupe), il y avait un bassiste, et Anthony. Puis Hadrien (un ami commun qui est maintenant notre nouveau batteur) m’a présenté à Antoine, on a fait quelques essais et finalement ça l’a fait.
 Apres comme ça ne collait plus du tout avec l’ancien bassiste, on a récupéré Anderson, qui était lui aussi un ami proche.

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)      Quelles sont vos influences principales ?

On a chacun plusieurs influences différentes. Des trucs personnels qu’on ressent avec tel ou tel groupe, chacun apporte ses propres influences je pense. Mais on essaie, comme tout groupe je pense, de se détacher de ces influences pour pas etre cloisonnés dans un truc. Le groupe qui nous a fait nous réunir au tout début, c’était les White Stripes, Kings Of Leon et Black Rebel Motorcycle, trois groupes qui nous ont poussé à nous former. A cela s’ajoutent des groupes comme Sonic Youth, Black Angels, etc

3)      Quel est le mode d’écriture et de composition au sein du groupe ?

Très souvent, un de nous vient avec une idée de base, un truc qu’il a dans la tête, et à partir de ça on essaie de voir ce qu’on peut faire.

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)     
Qu’abordez-vous dans vos textes ?

Ca dépend vraiment en fait! Les textes viennent s’ajouter à la musique. En fait, la musique nous fait percevoir une atmosphère ou une ambiance, et on construit les textes à partir de cela. Généralement, ça raconte soit une histoire, sinon ça parle assez souvent des rapports humains, pour le moment on essaie de pas entrer dans les trucs trop personnels.

 5)      Vite et fort, ça semble être votre credo, ou tout au moins ça l’était il y a quelques temps. Pensez-vous que celui-ci ait évolué ?

Ouais vite et fort c’était le credo à la base c’est sur. Quand tu commences à jouer, tu fais ça pour les concerts, et on aimait le côté énergique du truc, on percevait ça comme une sorte de défouloir. Seulement il arrive un moment ou, si tu veux apporter quelque chose à ta musique, qu’elle dure, qu’elle ait un impacte (même minuscule) il faut se remettre en question. On va mettre ça sur le compte de la « jeunesse », même si on n’est pas bien vieux! On aspire à des trucs plus réfléchis tout en gardant l’aspect énergique du début.
 Donc pour répondre, oui, le credo à évolué, et ésperons qu’il évolue encore!

 6)      Comment s’est faite cette évolution ? Par le bais de quels éléments musicaux ? Sont –ils issus uniquement du groupe ou avez-vous profité de vos rencontres pour enrichir votre univers et votre inspiration, sachant que vous n’hésitez pas à aller jouer hors d’Amiens ?

L’évolution se fait naturellement, j’ai envie de dire. C’est surtout le désir de progresser, de chercher à obtenir de nouvelles sonorités. Des trucs qu’à la base on ignorait. Enfin je pense! Mais c’est difficile de répondre à ça sachant qu’on est acteur du truc, et que c’est pas toujours évident d’avoir du recul! Du moins pour le moment.


 
7)      Dans la perspective de cette évolution, que pensez-vous que le fait de côtoyer des groupes oeuvrant dans d’autres styles ou n’étant pas de la même génération puisse vous amener ?

           Certainement. Inconsciement peut-être parfois, mais certainement.

  8)      Que représente pour chacun d’entre vous, ou collectivement, le groupe ?

 Je sais pas trop encore, mais c’est un besoin qu’on a, certainement.

 
9)      Que cherchez-vous à apporter à votre public ? Inversement, qu’attendez-vous de lui ?

              Qu’il prenne du plaisir, ça serait mentir que de dire qu’on fait ça pour notre gueule. Après, le fait que, comme tu dis, il y ait un public, ça nous pousse à continuer, et surtout à progresser.


10) 
A propos de public, que pensez-vous du phénomène « groupies » ?

Je vois pas trop de quoi tu parles! Si c’est du regain d’intérêt par la gent féminine pour le rock et la musique en général, ouais, je suis pour!

 
11)  Que vous apporte Amiens Burning ? Etes-vous favorables à la diversité qui commence à s’y installer d’un point de vue musical ?

   Déjà, ça nous apporte beaucoup de satisfaction, on était là au début du coup on s’est vraiment rendu compte de la progression du truc, et ça fait plaisir. Ca a été une aide précieuse au tout début, et grâce au développement de la structure, les groupes se sont fait de plus en plus connaître. Et maintenant, ça donne un coup de pouce aux « nouveaux » groupes, alors tant mieux. Toutes les semaines il y a au moins deux concerts de l’asso. Matthieu abat un boulot considérable, il a tout le mérite, c’est grâce à lui si l’asso est là aujourd’hui.

 
11) Vous avez récemment sorti l’excellent EP « Parasite » sur lequel j’ai d’ailleurs écrit quelques modestes lignes.
Quel effet cette sortie à t-elle produit sur vous ? Comment s’est passée la collaboration avec Yarol Poupaud ?

Au départ, c’était un désir pour nous d’apporter du concret, d’avoir un support, laisser une sorte de trace ne serait ce que pour nous meme. Quand on l’a enregistré, c’était une manière de se dire: voilà, Molly’s en ce moment c’est ça. Comme un polaroïd en fait. Ca nous a beaucoup appris sur nous même, sur notre façon de faire.
  On a fait ça à Paris, au Studio Bleu, c’était une atmosphère particulière, tres interessante! Et puis travailler avec Yarol c’est un bonheur, car c’est quelqu’un de tres compétent, tres gentil, et tres patient. Adorable.

  12) Peut-on s’attendre à une suite dans peu de temps ?

           
On y pense!

   13)      Je constate pour être là depuis vos débuts que vous êtes un groupe fait pour la scène. Quel est votre meilleur souvenir à ce niveau-là ?

Mmm…beaucoup de bons souvenirs. Dejà, le fait de bouger, d’aller dans d’autres villes, jouer devant des gens ne nous connaissant que de par internet, c’était génial! Après parmi tous ces concerts, il y en a qui auront toujours des saveurs particulières, comme notre premier Gibus à Paris, la Lune des Pirates à Amiens, et aussi une mini tournée de cinq dates durant laquelle on jouait tous les soirs dans une ville différente.


 
14)     
 De par la reconnaissance du public et son engouement pour vous, vous considérez-vous comme les leaders d’une scène amienoise en plein développement ?

Oulà!! On ne prétend à rien à ce niveau là! Si la scène s’est développée, c’est grâçe aux groupes, a leur diversité et leur qualité. Personne ne nous doit rien.

 15)      Par rapport à cette scène riche et active, pensez-vous que les structures et les moyens qu’on lui offre sur Amiens soient suffisants ?

On est pas tres bien placés pour répondre à ce niveau là, il faudrait demander à Matt!

 
16)     
Je remarque que beaucoup de concerts organisés par Amiens Burning offrent l’opportunité aux groupes d’autres villes de venir partager la scène. Qu’en pensez-vous ?

C’est une bonne chose, on a eu de tres bons groupes qui sont venus comme Sheraff, les Shades, les Brats, Mondrians..

 
17)     
Quel regard portez-vous sur la scène rock actuelle, en France ?

Et bien, les maisons de disque prenent enfin des risques, ça ouvre des opportunités à plein de groupes du coup. Un tri se fera au fil des années c’est sur, mais c’est une chance de vivre ce qu’il se passe en ce moment, pourvu que ça dure.