Stomoxine Records – Eole

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Interview par mail réalisé avec eOLe afin de parler de son nouveau net-label libre STOMOXINE RECORDS. L’occasion de discuter de tous ses autres projets musicaux …

Comment va la communauté musique libre ?

Sans vouloir parler pour tout le monde, je crois pouvoir répondre plutôt bien ! Même si l’état et les majors tentent de nous mettre des bâtons dans les roues en votant des lois aberrantes, cela n’empêche pas les artistes de créer et le nombre de morceaux déposés sous licence libre d’augmenter de plus en plus vite !

Petit rappel de la licence libre ?

Il existe différentes sortes de licences libres, qui permettent diverses “libertés” sur l’utilisation et la diffusion des oeuvres enregistrées.
Les plus répandues dans le monde musical sont les licences Creative Commons qui permettent d’adapter ces possibilités d’utilisation selon la volonté des artistes.
Par exemple, sur Stomoxine Records, les oeuvres sont sous licence Creative Commons by-nc-nd, ce qui signifie que les gens peuvent télécharger gratuitement et légalement les morceaux puis les graver ou les diffuser sur des réseaux peer-to-peer à condition de bien préciser qui en est l’auteur. Pour une utilisation commerciale ou une modification des morceaux, l’accord des auteurs doit-être obtenu.

Question actu : Que penses-tu du projet de licence global ?

Je crois que c’est une nouvelle arnaque qui vise à traire une fois de plus les bonnes vaches à lait que sont les consommateurs, et dans ce cas précis, les internautes.
Ce projet est complètement aberrant et ce pour plusieurs raisons.
La première est que les gens qui gravent des CD et copient la musique paient déjà une taxe sur les supports vierges qu’ils achètent.
La deuxième est que ce système va rémunérer des gens sur le dos des autres. Je m’explique.
Prenons l’exemple d’un internaute consciencieux qui ne télécharge que des morceaux sous licence libre. Il devra pour se faire, payer la licence globale. Cet argent ira aux sociétés de gestion des droits d’auteurs comme la SACEM, qui le répartiront entre leurs artistes sociétaires, c’est-à-dire les artistes qui y sont inscrits. Ces derniers toucheront donc de l’argent (quelques dixièmes de centimes voire moins) grâce à des morceaux qu’ils n’ont non seulement pas composés, mais surtout dont leurs auteurs/compositeurs ont acceptés que les gens les téléchargent gratuitement. Par contre les artistes sous licence libre, eux, ne toucheront rien sur le téléchargement de leurs morceaux, car ils ont par définition, accepté que les gens téléchargent leurs oeuvres gratuitement.
Bien d’autres raisons peuvent être données.
Je trouve donc que ce système est complètement irrationnel.

Quel est la particularité du label Stomoxine Records ?

Stomoxine Records possède plusieurs particularités qui ne lui sont pas pour autant spécifiques.
C’est un net-label, donc les oeuvres sont téléchargeables et uniquement disponibles via le web. Nous ne faisons que de la vente on-line par paiement sécurisé. Vous ne pourrez donc pas trouver nos disques dans des magasins de disques.
C’est un label sous licence libre Creative Commons. Nos oeuvres sont donc en téléchargement gratuit et surtout LEGAL, c’est-à-dire et j’insiste bien sur ce point, avec l’accord des artistes.
Enfin et surtout, nous ne sortons que de la musique improvisée et/ou expérimentale. Ne cherchez donc pas des oeuvres “classiques” chez nous comme on en trouve dans le commerce !!!

Qu’est-ce qui vous a poussé à monter ce label ?

Une envie aussi vieille que notre première répétition avec Shape2 !
L’envie aussi de développer les licences libres Creative Commons en France.
Et puis aussi le fait qu’il existe très très peu de labels de ce genre sur le web, qui de plus accepterait de sortir notre musique.

Quels sont vos ambitions (nationales, internationales) ?

Notre ambition principale est que les gens écoutent notre musique, aussi bien en France que dans d’autres pays du monde.
Après notre musique étant improvisée, elle se joue surtout en live. On aimerait donc que tout cela participe à nous faire trouver plus facilement des dates de concert.

Combien d’artiste sont sur le catalogue ?

Pour l’instant nous n’avons sortis que le premier album de Puff & Duff.
Dans les semaines à venir nous pensons sortir au moins deux autres disques : un projet entre free-jazz et électroaccoustique et mon prochain album oscillant entre folk, psyché, baroque et noise.
Après nous avons d’autres contacts et connaissances, et nous ne nous faisons pas du tout de soucis pour l’avenir vu le nombre d’e-mails déjà reçus depuis la mise en ligne du site fin novembre !!!

Peux-tu nous parler du projet de Puff et Duff ?

Ce projet est basé sur une guitare (eOLe) qui est directement reliée à un ordinateur, samplée et modifiée en temps réel (Shape2).
On essaie de créer diverses ambiances qui oscillent entre du post-rock, de l’électro et des choses indescriptibles !
Après ça dépend aussi beaucoup de notre humeur du moment, du public et des conditions matérielles !!!

Y a-t-il une “direction artistique”, un style préconisé ?

La direction artistique du label c’est : de l’impro et de l’expé. Comme on l’écrit sur le site, on se refuse à donner un style, car c’est bien trop souvent réducteur ou incompréhensible ! Tous les styles nous intéressent à partir du moment où la musique est basée sur de l’improvisation et de l’expérimental.
Au final, je pense que notre catalogue sera constitué surtout d’albums non conventionnels.

Quels sont les projets du label pour 2006 ?

Déjà on travaille sur les deux prochaines sorties. Et la création des pochettes prend du temps car on essaie d’avoir une certaine esthétique, d’où les pochettes carton et les livrets en claque.
On a une soirée prévue, organisée par le Kollectif  No Shape Music vendredi 27 janvier à l’Inca.
Après on verra où la musique nous portera !

eOLe, tu fais également partie d’un autre label libre : Another records. Quel est ton role dans ce label par rapport à Stomoxine ?

Si tous deux sont des labels indépendants de petite taille, Another Record est quand-même plus “imposant” à tout niveau, car plus ancien et mieux établis dans le monde indépendant. De plus Another Record n’est pas un net-label.
Ce dernier peut être considéré comme un “label libre” pour reprendre ton expression, mais tous les artistes ne sont pas sous licence libre, même si ils sont minoritaires.
Je m’occupe au sein d’Another Record de la promo, de l’organisation de concerts, etc…, et de toute autre tache qui incombe à un label défendant sa musique et ses artistes. J’ai aussi en projet un nouvel album sur lequel je travaille actuellement et qui sortira sur Another Record à la fin de l’année.

 

Peux-tu nous parler du projet “Adoptez-moi et abandonnez-moi” ?

Ce projet nous tenait particulièrement à c½ur : réunir divers artistes extérieurs à Another Record (excepté Lunt, The Wedding Soundtrack, Odran Trümmel et Jullian Angel), mais avec lesquels nous souhaitions vivement collaborer. Certains viennent de sortir leur album sur un label différent, d’autres nous ont simplement envoyé une démo ; ils sont proches en tout cas de notre philosophie et reflètent la sensibilité musicale de chaque membre au sein d’Another Record.

La compilation Sweets for the wild 2 “an abandonned coùpilation” est disponible en téléchargement libre sur notre site et fait également l’objet d’une version CD-R disponible notamment pour ceux qui ne bénéficieraient pas d’une connexion rapide. Cette démarche reste fidèle à notre souci d’entraide et de promotion réciproque dans un milieu indie qui en a grand besoin pour exister.

Nous (membres d’Another Record) déposons le disque dans les villes suivantes : Tours, Clermont-Ferrand, Bruxelles, Poitiers, Metz, Bordeaux, Agen… Nous invitons les mélomanes à nous aider en copiant et diffusant à leur tour ce disque dans leur propre ville ou village et à nous tenir au courant de leur contribution à la dissémination de cette compilation sur le forum dédié. http://www.another-record.com/sweets/
Pour ce faire, il suffit de nous envoyer une envelope timbrée à votre adresse à 0,82 cents.
Nous la renverrons avec un exemplaire du CD. Charge au public de diffuser ensuite ce disque comme bon lui semble en le copiant et le déposant au hasard, en le diffusant sur le net, ou sur une radio, ou encore à l’occasion d’une fête publique ou privée, en le faisant écouter à vos amis, etc… Nous demandons simplement en échange de nous tenir au courant des démarches que chacun a faites pour disséminer cette musique.
Ainsi, si vous n’aimez pas la musique contenue sur ce disque, donnez-le à quelqu’un qui serait susceptible de l’apprécier ! Si vous trouvez par hasard ce disque dans un lieu public, n’hésitez pas à en réaliser une copie et à le diffuser. La seule chose qui n’est pas permise, c’est de revendre ce disque ou cette copie. Ce disque ne saurait être vendu. Si vous ne disposez pas des moyens nécessaires pour réaliser une copie de ce disque ou pour acheter des cd-rom vierges, essayez de faire écouter cette musique à vos amis par exemple. Nous nous en réjouirons tout autant.

C’est là, mettre en pratique de manière radicale et si j’ose dire “matérielle”, le principe du peer-to-peer, et servir notre objectif : disséminer les musiques que nous aimons. Du fait que les auteurs de ces musiques consentent à la libre reproduction et représentation de leur oeuvre selon les termes de la licence Creative Commons by-nc-nd/2.0/, et/ou parce qu’ils nous ont donné leur consentement, cela nous est permis. C’est aussi prendre à contre-pied la tendance actuelle à restreindre et conditionner la copie et la diffusion de la musique : nous en sommes conscients.

Une petite précision encore avant de commencer à télécharger : tous les morceaux ont été encodé au format ogg vorbis, un format de compression dont toutes les spécifications sont placées dans le domaine public, contrairement au MP3, qui voit son évolution incertaine sur le plan juridique… Rassurez-vous, la plupart des lecteurs lisent le ogg vorbis maintenant et le poids des fichiers reste le même, tandis que leur qualité augmente légèrement. Bref, il semble naturel de favoriser ce mode de compression audio, tout en contribuant à le populariser, au vu de ses nombreux avantages.

Un dernier mot (promo concert etc … ) ?

Téléchargez et disséminez notre musique si vous l’appréciez !!! C’est notre seule volonté !!!!


Venez aussi vendredi vous amuser avec nous pour la soirée impro Stomoxine organisée à l’Inca par le Kollectif No Shape Music (http://noshapemusic.free.fr).
L’entrée est libre, donc si c’est trop expérimental pour vous, vous pourrez toujours vous en aller avant la fin !!!!

MERCI à EOLE !!