Endless Age marque le retour discographique de Hollywood Porn Stars avec un troisième album, le premier en vingt ans. Les Belges y abordent les faux-semblants (Bad Movie), les rapports de pouvoir (Wicked King), les cycles qui se répètent (Year Of The Snake), les liens que l’on transmet (Call Them After Me) ou encore la place de l’humain dans un monde qui change toujours plus vite (Endless Age). En plus de ça, ils pétrissent un rock aussi dansable que remuant et groovy, instigué par le noisy The Wicked King. La mélodie existe, Take Control rocke avec vivacité mais ne l’omet pas. La basse ponctue, la batterie chaloupe et les guitares griffent alors que le chant entre sensuel et plus wild s’enserre. Bad Movie, tel un bon film, s’envoie sans faim. The Narrow Lane envoie des tons pop-rock fougueux et racés dans le même temps. ABCKEFG se lance psyché, pétarade ensuite. Il existe, chez Hollywood Porn Stars, un dosage savant entre force et plans (pas trop) bridés. Les plages se succèdent avec, toutes, la même rutilance. Call Them After Me impose patine poppy et vocaux presque séducteurs, canailles malgré tout. A sa moitié Endless Age a déjà gagné, on le sent sans faiblesses.
Pour ne pas me faire médire 6th Of October fuzze, noisy. Double You Double You le suit de manière plus tempérée, doté d’une efficacité similaire. Shiryu riffe dru, il a en dépit de ceci belle peau. Avec l’âge Hollywood Porn Stars reste entièrement crédible, porté par une douzaine élevée. Open Fake Shot fouette un rock’n’roll acéré, parachevant l’ouvrage d’une clique décidément à son affaire. Souvent courtes les chansons font dans le relief, débarrassées d’artifices. Peach Bomb rocke elle aussi, on n’ira surtout pas s’en plaindre. Là encore les ritournelles plairont, greffées à de l’offensif. Endless Age se termine, en outre, aussi bien qu’il avait commencé, dans les notes à la Grinderman d’un Year Of The Snake venimeux de nature à couronner la série.

