Ari Blaisdell et Matt Jones forment System Exclusive, duo disco/new-wave espiègle. Don’t Stop Now ne les arrête pas, lancés sur la piste d’une chasse au négatif les deux comparses feront vibrer les âmes et vaciller les corps, n’en étant pas à leur coup d’essai. Don’t Stop Now, éponyme, les lance d’ailleurs idéalement. Funky, tressautant, il sonne comme un tube. Les nappes synth le bordent, bien vues. Freak Out groove tout autant, étoilé, doté d’un chant féminin un brin insolent. Who The F R U ?, plus punk, fait son B 52’S. Il va sans dire, si vous me lisez, que ça l’avantage. Breaking The Spell opte pour du spatial alerte, ça lui sied. L’album défile sans lasser, Can’t See The Light l’éclaire à son tour, saccadé. Des guitares se convient, concluantes. Puis The Embassy, à mi-chemin, trace allègrement. La « synthitude » prédomine, décisive. Elle porte le tout.
De l’autre côté de l’édifice My Dear Mutation riffe, obsède de par ses boucles. Everything, Everything allie sensualité et bordurage cold, s’adjoignant à la longue liste des réussites. Il se fend de passages célestes, à sa suite Rat Race rocke de manière mordante. Des élans 80’s en émanent, la recette de System Exclusive fonctionne merveilleusement. Les gimmicks de « keyboards » étayent le disque avec brio et entrain. Disengage ralentit un peu, ça ne l’empêche guère de séduire. Léger et cadencé, traversé de guitares éparses mais acérées, il laisse le terme se profiler sous les meilleurs auspices. C’est alors Won’t Cry, apaisé, qui sonne la fin d’une embardée qu’on n’a pas fini de se remettre dans les lobes.

