Excellents, comme à leurs débuts, sur leur dernier opus comme au 106 de Rouen en mai dernier, The Young Gods nous font le bonheur d’un album live, capté sur leurs terres, qui fait la part belle à Appear Disappear tout en gratifiant son écoutant de quelques autres pépites issues de la vaste discographie du trio. Les Helvètes attaquent fort, Appear Disapear de ses fulgurances guitaristiques sur lame de fond indus tachetée d’électro lamine sévère. L’amorce qui déboite, suivie de ce Systemized à l’impact quasi similaire. Tambour battant le groupe est palpitant, Hey Amour en propose une versions sous tension « moindre », un tantinet plus posée sans que cela n’écorne, le moins du monde, la maestria de Franz et consorts. Blackwater, dans les cieux, impose des ondulations troublées. L’orage guette, il zèbre le track. L’excellence est le socle de ce live.

©Charlotte Walker
All My Skin Standing, issue de Data Mirage Tangram, accentue la spatialité. Une spécialité, plus que reconnue, des auteurs de L’Eau Rouge. Le titre trippe, tant et si bien qu’on en quitte la terre. Les guitares, triturées, nous y font valser. Puis The Night Dance, de secousses rudes en coups de semonce Godsiens, perfore sans rémission. Il y a dans cette formation un unisson, un pétrissage sonore maison, qui en font un mythe. Skinflowers, imparable, joue des riffs silex. TV Sky en ligne de mire, froid comme l’hiver Suisse, mordant de tout son fer. Quant à L’Amourir, mon hymne, l’un de mes hymnes « early Gods », c’est tout bonnement une tuerie. Regarde là-bas…Blue me away te cueille en plein vol et de ses volutes ruant, te terrasse et toi tu es aux anges, livré en pâture au set des Young Gods.

A peine retombé, hagard, Mes Yeux De Tous te remet la mornifle. Salutaire. Les textes on connait, c’est du Treichler pur jus. Incomparable. Shine That Drone, de vive planance en assauts de guitares à lame aiguisée, cingle à son tour. WE ARE ALL YOUNG GODS, incontestablement et pour notre plus grand bonheur. Gasoline Man, énième titre-phare, me ramène au Discophile à Amiens, ma ville, où je fis l’acquisition de TV Sky. Souvenirs, indélébiles. A l’heure où Archives Of The Sun clôt à la fois nos yeux et ce disque tonitruant, dans une matière psychotrope de haute volée, nous avons depuis le début capitulé devant la magie de Jeunes Dieux à la flamme étonnamment préservée.
