Convulsif est offensif, il pratique une noise clarinettisée et violonisée du plus bel effet. Anatomy Of Rage est son nouveau forfait, singulier, particulier. Monitor And Limit s’y répète sur à peine plus de deux minutes, dans des ruées jazz-noise stylées. Being Put Down voit d’abord sa basse pulser, entre Primus et je sais pas/plus qui, dans un vacarme free ahurissant. La voix y fait irruption, susurrée. Le calme s’invite, précédant une nouvelle poussée de frénésie crissant. A Torch Than Blaze, bref, doome presque. L’éventail est large, les lézardes en relief. No Sound Footing, à la Morphine et ouais Biggy!, fait dans la feutrine pour ensuite, entrer en crue. Facing The Fasces, tabassage…convulsif, alternant en termes de rythmes, dévisse promptement. Christian Müller – bass clarinet & voice, Jamasp Jhabvala – violin, Loïc Grobéty – bass, et Maxime Hänsenberger – drums, à l’union wild, frappent fort et juste, sans canevas prénormé.
En ce sens Development, à la retenue au bord du fil, chuchoté, reste dans ce ton. Grind Your Tusks lui emboite la note en entrant en crise, cogneur, en rafales addictives. Sa durée, restreinte, n’entrave en rien sa force de frappe. L’auditeur est chamboulé, repères brisés il suit la danse. The Pitch, The Plight, The Polymer, à l’orée des 1200 secondes, l’achève alors. Pièce de bravoure, le morceau trame un post-rock, un jazz dégondé assorti d’incartades sonores au flot incoercible. J’en ai la trogne qui tourne, Useful Curses de ses ruades noise d’une teneur à part se charge au bout du compte de complètement me terrasser. Convulsif invente, redéfinit, malaxe et recrache une matière qui c’est le moins qu’on puisse dire, n’est redevable qu’à lui-même.

©Lucas Dubuis

