Après Insane Ghosts, premier opus d’ores et déjà singularisant, O_U_T_R_E_N_O_I_R confirme avec ce Agitatol plus cadencé, pensé pour la scène. MP Rixain et David Fenech y servent neuf morceaux que Le Démon inaugure dans un trip-hop indus aux mots décalés, vaporeux, souillé et hypnotique. Oh, des sons à la Kim Gordon s’invitent en fin de titre. Le décor est planté mais ne sera pas le seul, d’autres bien vite s’ érigent. Rhapsodie en août est subtilement martelé, zébré lui aussi de sonorités grondant. Le mot demeure à part, tirée d’une imagination débordante…ou débordée. Et ça lui sied. Agitatol, éponyme, parachute une électro obsédante. Et obsédée. Et ça lui sied, je me répète et ça me sied. O_U_T_R_E_N_O_I_R crée des ponts, les dynamite, s’insinue dans une noirceur qu’il teint de ses propres pinceaux. Il se les mélange, tantôt, pour mieux barioler son œuvre. The future of spam songe, fend lentement le brouillard. Rivers to Mia se montre plus vif, sans perdre de l’hypnotisme qui personnalise l’album. Ni, par ailleurs, de son fantomatique énigmatique, captivant.

Avec Prelude aphone, d’un opéra grisé, l’épopée s’étend. Syncopes sublimes, après ça, fait sinuer son électro, à nouveau embrumée. Coquillages, bouteille en plastique élargissent le panel d’un disque aux atmosphères « maison », sans équivalent reconnu. Bisextile, entre ses guitares scènes et rêches, son chant quasi priant, en volutes possédées, et son rythme ivre, s’applique à le démontrer. O_U_T_R_E_N_O_I_R ne fait rien comme tout le monde; il se permet même, pour clôturer sa fournée, de reprendre Des Poils Sur Moi de Masoch qui figure, si je ne m’abuse, sur l’indispensable « Des jeunes gens Mödernes: Post Punk, Cold Wave et Culture Novö en France 1978-1983« . Il le fait à sa sauce, ça va de soi, prouvant d’un seul jet son bon goût et sa propension à aller chercher d’autres textures.
