Giant Steps, Everything’s Alright Forever et Wake Up ! sont pour moi des étalons pop (et pas que), avant une séparation datant de 1999 et…bonheur ultime, un retour vers 2020, sans Martin Carr mais avec son sincère accord. En trio donc, et suite à des sorties dont j’avoue ne pas connaitre le contenu, Boo Radleys nous offre là un opus magistral et comme si ça ne suffisait pas, un Live at La Maroquinerie enregistré en octobre 2025, en bonus royal, et des dates par chez nous ainsi que diverses rééditions. Fichtre! Allez on attaque, In Spite of Everything fait fi de toute médiocrité et à l’instant, dégaine un Affected / Rejected pop à guitares jubilatoire. Solarcide, d’ailleurs, suit avec la même force mélodique. Guitares géniales, mélopées divines et toujours, une quête sonore porteuse. Do Better, Know Better traduit ça, lui aussi, avec entrain. Boo Radleys est intact, quoique touché par le décès du fils de Tim Brown, le bassiste. Cathartique donc, In Spite of Everything se surpasse. Hey, I Know ondule, posé mais d’éclat. Living Is Easy renoue avec la flamboyance pop-rock guitarisée des Boo Radleys. Il n’y a rien à écarter, par ici, tant les Anglais performent. King Budgie se place, au milieu des (d)ébats, en se parant de motifs bien trouvés.
On attaque là la deuxième moitié de l’album, Through the Crack in the Window calme singulièrement le jeu de par sa sphère orchestrale. Beau à entendre, je lui préfère toutefois le plus offensif des Boo Radleys. Bring Them Back Again m’y ramène bien vite, pour ma plus grande joie, serti de ritournelles euphorisantes et de guitares bourrues alors que des sons virevoltent autour. This is the Place délivre de son côté une trame pop-rock à nouveau bien mise, suffisamment ardente pour rafler la mise. La dextérité, loin de s’être diluée, préside. Song for Natalie s’élève gracieusement. Sans rien rater In Spite of Everything dévoile un groupe au sommet, au final nommé Wasn’t I Enough?. Une terminaison tout à la fois alerte et céleste, crissante et soignée. A sa main Boo Radleys façonne un produit accompli, de qualité scellée, et on n’est pas même au bout de nos surprises puisque le live mentionné plus haut en ces lignes s’offre à nous.

©Hannah Waterman
Gorgé de morceaux-phare, il commence au son d’un énorme I Hang Suspended. C’Mon Kids et « mon » Upon 9th And Fairchild, exceptionnels, suivent. Dix-huit perles font la joie de tous, le groove cuivré de Lazarus clôt les festivités mais avant ça, par exemple, la brillance d’un Wish I Was Skinny ou encore de ce Stuck On Amber royal aura largement fait effet et encore, je résume tant chaque track mérite la disctintion. On a à faire, en l’occurrence, à un support album + live généreux et exemplaire, signé d’une formation en verve et sur laquelle le poids des années parait n’avoir aucun effet audible.

