Pour la première fois accompagné de ses musiciens, et ça s’entend positivement, Félix Dupuis AKA Feldup nous fait cadeau d’un Towards Happiness intense qui d’abord conçu comme le récit d’une reconstruction, a vite viré à la relation d’un quotidien terni par le chaos. Il en résulte une collection alternante, de calme en quête de bien être (Starless Skies, l’ouvrant Catch a Breath) à des implosions soudaines qui paraissent traduire la chute par dessus bord (Running on Empty (The Sacrifice)), noise et rugueux sans dédaigner les mélopées soignées). Le rock se fait rude (Get Up OK), j’approuve l’idée. Towards Happiness porte parole, sans faire le mariole. Starless Skies, délicat, offre un climat en contrepoint avec son intitulé. Disque de contrastes, Towards Happiness sublime les épreuves. Take Your Time saigne, crie et recourt autant à de l’écorché qu’à de beaux motifs. Clothes on the Ground / Melting, à l’intro spatiale, frémit. Et varie, percutant, semé de lacérations.

Œuvre majeure, Towards Happiness est exutoire. Au bout peut-être point l’espoir. Cover My Ears, quasi pop-cold, le valorise encore. Unusual Order le plombe, en termes d’atmosphère bien sûr. La qualité, elle, persiste. A la furie succède le posé, comme si la joie renaissait. Comme si, même que c’est parfois réel. On dirait, de temps à autres, Psychotic Monks. Towards Happiness, éponyme, dépose 11 minutes au scintillement confondant. Il s’emphase, sans exploser. On en vient au terme, celui-ci porte le nom de One and the Same (Epilogue) et dans une pop mélancolique comme dotée d’aspérités, met fin à une dizaine plus qu’achevée.
