Doté d’un parcours riche, jalonné de collaborations majeures, de MAGMA à des projets comme l’Organik Orkeztra, son trio ou le groupe TOC, Jérémie Ternoy fait de Ça commence par la marche la synthèse de ses investigations artistiques. 2 pianos, 1 à chaque main, lui servent d’ « outils ». L’instrumentation est élargie, la répétition fait naitre l’attachement. On l’entend dès l’inaugural Juste Avant, exotique. Le voyage est trippant, pour l’heure assez sobre. Presque Un Pas le prolonge avec des chants envoutants, sans variabilité ou presque et l’effet n’en est que plus porteur. Le jazz sort de ses gonds, servi par une trame d’éclat errant. Marche Avant, plus « bourru », à l’orée du tribal, impose alors ses huit minutes groovy. 2 batteries, 2 basses, 3 voix et 3 soufflants accompagnent le piano, qui joue un motif unique de 13 notes. Spécifique, Ça commence par la marche twiste et loin de se soucier de la norme, permet une issue singulière.

©Didier Peron
Marche Arrière, de feutrine attrayante, valide la démarche. Peu Après, plus percuté, flanqué de ces chants qu’on prend en compte, lui fait suite avec dynamisme. L’échappée a belle allure, elle dévie à l’envi et la durée du titre l’insinue irrémédiablement. Le jeu est savant, débarrassé toutefois de démonstration stérile. Peu Après s’agite, en son terme surtout. Enfin Ça commence par la marche, éponyme, sur lequel le piano fait merveille et ce n’est pas là la seule occurrence, termine de manière joliment ressassée un album en lisière dont son auteur peut être immensément fier.
