Yttling Jazz nous fait don d’Illegal Hit (Out of Bounds), une version deluxe enrichie de son album plébiscité de 2024, Illegal Hit. Strange, un morceau aux accents morriconiens avec la participation de Bobby Gillespie de Primal Scream, y est dévoilé. Pour le reste, le disque 1 présente l’album original dans son intégralité. Le disque 2 propose du contenu entièrement nouveau — cinq morceaux jamais publiés auparavant, incluant des titres chantés et instrumentaux. Le disque 3, quant à lui, rassemble des remakes déjà sortis ainsi que des réinterprétations collaboratives de morceaux issus de l’album original. Sans atermoiement je vous le dicte, le contenu est somptueux. L’opus initial sort du cadre jazz; Björn Yttling — mondialement connu comme membre du trio indie emblématique Peter Bjorn and John et ses acolytes tissent des nappes inventives, où le genre librement louvoie. Sodon the mountain man voit ses cuivres couiner, son tempo danser. La classe est de mise, le format sans bride. Deadbeat Blues est lui plus classique, si je puis dire, et néanmoins attrayant. Les envolées, de marque, créditent l’album. Schoolbus on a Weekend, entre autres, magnifie le courant.
Voilà pour le premier support, le second exerce dans la foulée une attraction certaine sur Distant Star et son chant soul féminin sous batterie animée alors que les cuivres délirent. Strange prend alors la barre, les vocaux s’y masculinisent et le déroulé est classieux. Tu m’étonnes Elton, c’est Gillespie au mic! On sent, en fond, une propension à la lézarde. Cinq morceaux, ici et je rappelle, sont de vrais inédits. Sodon The Mountain Man (Hofors Version) flamboie, il twiste merveilleusement. L’instrumental de Strange termine la série, à l’instar du volume premier je n’en ai point tout décrit mais l’écoute vous révélera mille et un trésors. Illegal Hit en est, de son débit presque hip-hop sur jazz alerte et dansable. Illegal Hit (The Tallest Man on Earth Vocal Remake), version déliée à l’ambiance patinée, ne se montre pas moins attirant. Soul, jazz bien sûr, il fait honneur à un troisième volet et plus largement, à un ensemble où à aucun moment, le remplissage n’a sa place. A l’heure où Flox Gade de son climat étoilé s’en vient border l’affaire, précédé par Deadbeat Blues (Matt Sweeney‘s Boogie) et son blues-rock pétrifiant, l’écoutant sort d’une régalade absolue alimentée par le pouvoir de création extrêmement conséquent d’artistes en symbiose totale.

