Bordelais, Burgundy Red trace là son premier EP, mais huit titres les boys on parlera d’album non? Ce n’est rien, la « noisy pop sensible » des Aquitains se présente sur THE DEVIL qui loin de faire parler son intitulé, se veut plutôt doucereux. Il s’anime, poppy, sous l’effet de motifs plaisants. Sa patine demeure, émaillée de sons spatiaux sans heurt aucun. Je prends, mais je crains ensuite l’ennui. IN MY HEAD m’en dispense, électro-pop…lo-fi aux relents noisy parcimonieux. Du bien ficelé, assurément, où les synthés s’invitent sans flancher. FEEL, au début (trop?) amical, conjugue synths à la Babamars et chant mélodique, avant que les guitares ne forcent un peu plus le trait. L’effort est là aussi estimable, de plans étoilés en passages moins polis. WHY, s’il démarre folk, lo-fi façon Pavement sans ses légendaires coups de sang, orchestral par instants, est beau à entendre. Mais il me frustre, un peu trop porté sur le sentiment et l’approche posée.

Un brin mitigé je poursuis toutefois l’audition, l’EP dans sa globalité me paraissant valable. EMPTY HOME est lui aussi tranquille, je guette néanmoins l’incartade. Elle ne survient point, mais les airs à la Kinks peuvent séduire. RIGHT TIME, ensuite, oscille dans l’aérien. Puis il rudoie, en alternant les deux options. Il se laisse écouter; dans son sillage UPSIDE DOWN, pas celui des frères Reid, sème une pop d’élégance, à l’enrobage bridé. L’ouvrage est joliet, mais il manque d’écorche en dépit de sa belle écorce. WALK ALONE, lo-fi choral, le termine avec la même prestance retenue que ce qui a pu le précéder. Pour son premier long jet Burgundy Red, s’il étale un savoir-faire certain, pêche -très légèrement- selon moi et ça n’engage d’ailleurs que ma pomme, par manque d’audace et de recoins plus régulièrement « saignants », parvenant cependant à signer une huitaine immersive pour qui s’entiche de la pop à dominante feutrée.
