Ravageur en live, je le sais pour l’y avoir vu, capable d’aller jouer dans les moindres recoins du globe et ce, sans redevoir aux circuits usuels, Tramhaus dépote aussi sur sillons. Blister en fait état, sans en faire des tas, et évoque d’ailleurs, tantôt, la route que longtemps, Tramhaus avale(ra) et digère(ra). Des accents Pixies de Sly (Like Ever) à Plovdiv qui en amorce, au sujet d’une ville bulgare où Tramhaus s’est produit, sème un shoegaze sous speed ahurissant, incrusté de passages noise furieux, on a déjà un quarteron fatal. Cluster le complète, mélancolique, pour en sa fin se faire geyser, méloodique malgré ça. The Answer?, au taquet, amène vitesse et furia soignée, mélodieuse aussi mais d’une énergie inendiguable. Loin de se figer Tramhaus enrichit son horizon, tenu.
Solace, dans une lenteur à la Pavement, pose une trame faussement posée. Celle-ci se bride néanmoins, pour laisser la voie à Recoil et sa brève spatialité. L’opus alors s’assagit, je me surprends à l’ entrevoir flancher. Que nenni! Rat Race immédiatement me rassure, il regorge de gouaille punk et d’entrain post-punk. Ses ruades tabassent. Overachiever, Big Believer livre ensuite une pop nacrée, au sentiment palpable, dont le second volet se montre plus massif. Lap Dog me rappelle, encore et dans le ton, le clique à Black Francis. Il s’emballe soudain, hurlé. I Was Never Alone file, 90’s, flanqué de motifs valables et d’ouragans imprévus, jusqu’à nous renverser. Son refrain s’insère. Enfin Swarm, poppy plutôt dans le vent, grungy après, alterne coups de sang et calme bien filé. Varié et étiré, Blister exige l’implication et à l’issue, s’impose comme un deuxième LP à la hauteur des aptitudes de Lukas Jansen et consorts.

©Marc Elisabeth

