Stolen Kidneys ça rigole pas trop, ça noise sauvagement façon Jesus Lizard. Melankolia en atteste, le syncopé Etkö Näe Tätä Kärsimystä? déversant son flot de cris et riffs secs. Le coup de trique. Piinava Hiljaisuus, issu du même tonneau, oscille entre semi-clarté et éructations nourries. Les coups de griffe sont appuyés, le rendu renversant. Les Finlandais ont pour eux la hargne, le jeu chaotique et la capacité à groover de partout. Muutoksen Aik les crédite, saccadé. Il perce la muraille. Au milieu du jardin la cabane est remise, Riemunjuhla évolue d’une amorce psyché vers un parpaing noise dont le chant balafre. Des parties bluesy en émanent, saignantes, avant qu’un fatras ne s’installe.
Sur le second volet Hylkiö, à l’aérien pachydermique, fait lui aussi son effet. Les guitares s’illustrent, la rythmique donne du poids. Et du coffre. Raakaa Voimaa se catapulte, lancé à toute berzingue. Sans complaisance aucune Melankolia déroule, servi par des compositions solides. Le titre éponyme paraphe le tout, sur une durée étirée, dans le torturé asséné que des plans assagis sertissent. Dans la mouvance noise STOLEN KIDNEYS a de toute évidence sa place et son mot à dire, mu par une colère dont le support se trouve chevillé à sept enfilades pas piquées des hannetons.
