ROME BUYCE NIGHT a pour habitude d’expérimenter, déformant les textures du rock, et de ses ramifications, au gré de ses errances. Avec Lézardes, sa nouvelle fissure, trois longs titres sanctionnent son investigation. Le pont des nuages, sur dix minutes post-rock spatiales et pénétrées d’élans psych obscurs, inaugure le bal. Sans hâte le climat varie, s’enhardit, jusqu’à nous porter. Détenteur de sa propre approche, le groupe en fait usage non sans maîtrise. L’escalier qui descend et le même, du haut de ses 26 minutes, commence par hypnotiser. Il y persiste, remplissant l’espace. ROME BUYCE NIGHT façonne des terres nouvelles, jette des ponts entre les mouvances. Ses montées font sensation, ses redescentes dévalent les pentes. Lézardes, éponyme, se charge de conclure la série de trois. Sa sérénité rassénère, ses griffures la lacèrent et dans le même temps la troublent. Là aussi les options se télescopent, bien imbriquées, au service d’un tout audacieux et sans rapport avec la norme. On en loue ses auteurs, doués, références avérées de nos territoires sonores.
