Solitone depuis Bordeaux screame et s’escrime. Formé en 2015, le groupe a sorti un 1er EP Première Vague, en novembre 2016, suivi par Lame De Fond en janvier 2018. Son line-up a varié depuis, ça n’empêche guère Le champ des possibles de bien se tenir -musicalement-, porteur de cinq plages à potentiel élevé. Le titre éponyme ouvre le bal, au taquet, entre cris et guitares claires alors que le rythme tabasse. Probant, le morceau précède Dés.ab.usé.e.s qui en pavé massif, enclume l’approche Solitone. Textes en Français, thèmes d’intérêt (aliénation au travail, rapport absurde des humains aux animaux, glissement vers le fascisme de nos représentants politiques, rapport des hommes face au féminisme, délitement de la vérité) sont ici légion. Des brisures mélodiques surviennent, bien amenées, suivies d’éructations. Médiocratie, parlant, s’en fait la preuve.
Estimable l’EP déroule, L’écoute sur la table livre une colère audible. Ses coups de sang écorchent, sur la bonne voie Solitone donne de la voix. Clairvoyant, observateur, il dégomme son époque. Dénué d’ennui son ouvrage l’élève, ses textes sans détour charpentent en outre son discours. Rien ne va feat. Lucas (Ari, despiteeverythingitsstillyou), chargé de border l’ep, greffe mélopées et envolées burnées avec maestria. Sans se montrer gratuitement violent Solitone trouve l’équilibre, sa juste posture, au final d’une série à la qualité affirmée.

