BITTER MOON & AFTER 5:08 « BERLINER KINDER » (BlauBlau Records, 2 décembre 2022).

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Deux duos cosmiques réunis, Suisses qui plus est. Bitter Moon et After 5:08, ensemble, enfantent une série de morceaux spatiaux, majoritairement instrumentaux, qui titillent la psyché et chloroforment les sens. C’est Pretty in the Dark qui le premier, chanté dans le coton, souffle une ritournelle électro-pop nuageuse, d’emblée attrayante. Et sacrément apaisante, de par son déroulé sans hâte. On y profite de sons volants, qui nous font sombrer dans une bienveillante torpeur. Le titre éponyme suit, de même texture brumeuse, sans voix mais malgré tout enveloppant. De ses climats le projet, singulier, parvient à nous attraper. L’auditeur s’élève, s’abandonne, les yeux mi-clos. De temps à autre, une poussée le heurte. Atmen, tout aussi céleste, fait un peu son Low. Sombre, tissé de notes portées par une douce brise. Et, quand ça lui prend, un brin plus distordu. Berliner Kinder, si on s’y laisse prendre, fait son effet.

In Dreams, où le chant revient, pousse la portée d’un opus forcément immersif et dans le même temps, me fait regretter l’éparsité des titres en voix. Le morceau hausse le rythme, totalement enthousiasmant. Mais chantez donc, cher(e)s Helvètes! J’ergote mais dans la foulée Tränenpalast, bien qu’en étant privé (je parle du chant), me replonge dans une léthargie que je ne fuirai pas. On pourrait le dire inerte, ou figé. Mais BERLINER KINDER à ce pouvoir, précieux, de séduire par ses abords fin de nuit, ses montées grisées qu’illustre une pochette sans couleur aucune. Si ce n’est le gris, largement dominant. Krad eht ni Ytterp, à l’aube, s’en venant terminer l’ouvrage dans une écorce une dernière fois posée, minimale, qui pousse à rejouer le tout -à sortir chez BlauBlau Records– afin de s’en imprégner encore et encore.