UltraMoule « Le retour » (Daaganda Records, 20 mai 2022).

0
209

UltraMoule? Ah ouais trop bon frère, ça déconne à la Stupéflip. C’est trois lyonnaises très à l’aise quand, de violon électrique magique et fougueux en électro cintrée en passant par quelques vocaux rapisants, sur fond de vocaux au délire pas si dérisoire qu’il n’y parait, il s’agit de faire dans le neuf. A la Sexy Sushi aussi, un peu, mais à la manière d’UltraMoule. A la Mansfield.TYA, au passage, pour ce violon qui d’emblée décore merveilleusement Hardcore softcœur, premier tir entre majesté de l’instrument et révolte des lyrics. Refrain imparable, qu’on braillerait bien un peu partout. Bouge ton boule riffe hard, déboule et tchatche un verbe réel, ode au manque de classe. Si tu veux du glamour, tu r’passeras un aut’jour…et t’façon, LMPT arrive pour te dire la messe. Electro dépaysante, idem pour les chants. On file, on breake dans le chant d’église. UltraMoule, c’est un peu sans pareil. Mangeons le chat s’envole, narre un délire animalier plutôt inspiré. On relève, tout à la fois, l’originalité du mot, la splendeur du violon et l’impact des trames. Lèche-moi la verge, en termes de manque de distinction dans l’intitulé, se pose là mais soniquement, il fait notre bonheur. J’adore. Même si stylistiquement, je peine à le définir. Il hurle, quitte les rails, se saccade en mode RnB mais celui-ci s’accepte.

On n’a guère le choix, toute manière, puisque surgit Notre brochet qui de la même manière, rafle la mise de par son absurdité dotée de sens. De par son identité sonore, décisive. Lui aussi trace et braille, groove jusqu’à plus faim, joué par trois Guerilla girls au débit éloquent. Fichtre! ces UltraMoule, signées chez Daaganda et ça non plus c’est pas d’la roupie de sansonnet, stimulent les sens. Elles ont pour elles leur approche, leur formule, leurs morceaux, leur récré sonique qui donne envie de sécher l’école pour s’enfiler Le retour., sans espoir de retour dans les salles de cours. Surtout que 1-2-3 soleil, de son rap que le violon emmène vers d’autres contrées, syncopées mais aussi célestes, exerce une séduction à laquelle il est bien dur de résister. C’est l’un des atouts d’ UltraMoule, ce gringue déconnant hyper agile, bien pensé et bien exécuté, qui concourt à ce qu’ici, sur huit giclures personnelles et inventives, on se laisse convaincre sans trouver à redire.