Tristan Roma « Primo scenario » (EP.Baciami Disques, 25 mars 2022).

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De sang français mais de coeur italien, basé à Paris, féru de cinéma…franco-italien, désireux -on l’aura compris- de raviver les liens entre les deux nations, Tristan Roma sort avec Primo scenario son tout premier EP. Pour ce faire, pour se faire aussi, il use d’une électro-pop enjouée, mélodique, que son disque décline sur cinq efforts de qualité bien que le créneau, dans cette mouvance, commence à déborder de sorties. C’est à la suite d’une visite des lacs italiens que l’envie lui a pris, à notre compatriote ouvert d’esprit, de s’appuyer sur le son pour délivrer, et partager, ses émotions. Il en émane donc, pour débuter, un Magnolia aux basses qui feront onduler, dans une chaleur d’été, nos corps engourdis. Un brin psyché, assez animé, le morceau lance son oeuvre dans la joliesse. Dans la détente, également, en se sertissant de petits sons qui virevoltent tranquillou.

Suit Vision Mer, dans cette même étoffe déliée. J’ai déjà entendu ça mais Tristan Roma, de son côté, s’applique à bien faire, à trousser ses contours, en plaçant ça et là quelques « encarts », si l’on peut dire, un peu plus abrupts qu’à l’habitude. On s’y laisserait bien prendre, son chant penche lui aussi vers une forme de coolitude qui fait du bien. Paradiso s’y love (le terme est volontaire…), ses synthés y insufflent un semblant de dynamisme mais c’est bel et bien sans ses atours lascifs que Primo scenario trouve sa forme définitive. Ses sonorités, toutefois, ne se privent pas de flotter, libres et célestes. La Vallée Rose, aux voix cinématographiques de début, s’alerte. Ca aussi, ça fait du bien. Il n’est pas mauvais, loin s’en faut, d’impulser de l’énergie. Le sieur Roma, près d’un Degage, parvient à se distinguer. Il est, de surcroît, textuellement agile.


Photo Benjamin Berzerker.

L’artiste, c’est acquis, séduit. Le morceau se pare de guitares tantôt charmeuses, tantôt espiègles. Pas mal. Son disque sort chez Baciami, il prend fin sur Le Télégramme qui d’une amorce spatiale à la voix vaporeuse, évolue vers une trame pop sans trop de heurts. Dommage; j’en aurais disséminé, de manière éparse, dans ce Primo scenario. Ah mais voilà, le tempo s’enhardit. J’approuve. Tristan Roma a bien débuté, il finit pareillement et si son EP n’est pas des plus hérissés, il dévoile de manière sûre une série probante, qu’il lui faudra évidemment valider sur ses parutions futures.