Phil Pace « Rarities » (Disques Tchoc, 21 mai 2021).

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Rarities, le nouveau et cinquième Phil Pace, est constitué d’enregistrements inédits, essentiellement réalisés pour les compilations à thème du label Disques Tchoc de 2016 à 2020, auxquels sont adjointes deux versions alternatives de titres parus sur “There’s a place” (2007) et “Written in the west” (2019). JEAN-LUC LOPEZ (BATTERIE), DENIS RICHARD (BASSE), DAN IMPOSTER (BASSE. GUITARES. CHŒURS), PATRICK MATTEIS (GUITARES. CLAVIERS. PROGR AMMATION) et PHIL PACE (VOIX. BASSE. PERCUSSIONS), donc, s’y associent pour parcourir un panel entre rock, folk et pop, plutôt probant. Play in the sunshine, dans un rock à la Ramones poppisé et à l’avenant, inaugure le tout en faisant valoir des mélodies élégantes, dans une énergie qu’on ne reniera pas. When I was young, plus directement folk/pop, sensible, enchaine. De facture classique mais bien joué, le recueil oscillera ainsi entre les genres, sans perdre en attrait. Like off the ground, joliet, se fait vivace dans ses abord mélodieux. On affiche de l’inspiration, une simplicité qui permet de garder le cap. Un solo enflammé survient, qu’une fois encore on ne fuira pas.

All or nothing, de Steve Mariott, insuffle de la douceur, un côté climatique. Victoria, des Kinks, lance un rock rugueux à la ritournelle vivace. Puis Dead end love (alternate), qui marque le retour aux compositions « maison », imite la reprise de Mariott en suivant un tracé atmosphérique. Le tout est bien ficelé, Christmas is all around (R.Presley) le ponctue d’une touche posée, nappée avec sobriété. On en vient à souhaiter, alors, de la rugosité: si les morceaux de Rarities se montrent qualitatifs, on tendrait à bailler sous l’effet des essais polis, un peu trop prédominants. Heureusement Sad Mondays (alternate), en s’adonnant à une pop ombrageuse, réinsuffle un brin d’allant. Sans, cependant, s’extraire d’atours globalement sereins. C’est avec Dan is a punk rocker, d’obédience punk-rock, qu’on retrouve du tranchant.

Une pièce courte, très Ramones dans l’esprit, qui nous laisse dans le circuit à l’heure où on peinait presque à rester à l’écoute. Malgré, comme dit plus haut, la fiabilité des titres recueillis. A l’issue I can’t stand it, reprise d’un certain Lou Reed, terminant avec panache cette dizaine compilée. D’une teneur folk-rock animée bien que ténue, c’est une cover de choix, adroitement décorée à l’instar des autres « songs ». Rarities, s’il n’égale pas l’impact d’un album réel, regroupant au final suffisamment de plages persuasives pour permettre une écoute agréable et générer un plaisir non feint.

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