DOPPLeR est contre toute attente de retour, 18 ans après l’emblématique Songs to Defy. Yann Coste (Batterie), Xavier-Alexandre Amado (Basse) et Yoann Brière (Guitare/Voix) s’associent à nouveau, portant haut le flambeau d’une noise ici renouvelée. Pourquoi Ce Disque ?, d’emblée, fait virer le socle et de ses sons dépaysants, insinue The Screening Stops. Les motifs s’imposent, les ruades chaloupent. L’élan se brise, émaillé par les sonorités déroutantes de départ. On en retombe à peine qu’ Incipit Excipit, convulsif et offensif, ensuite plus « prog », lâche à son tour des notes enivrantes. Le savoir-faire du trio, loin de s’être dilué, continue à opérer. Son terme déferle, sauvage comme lyrique. Of Pieces That Break complète l’ouvrage, rageur, aérien en certains recoins. Il riffe sec, groove sévère, et suit un tracé sinueux. DOPPLeR brille, Piano Cass après une entrée en matière finaude poursuit dans l’enciélé avant d’offrir une incartade étoilée.
Sur le second volet No One Available, presque math/exotique, attire tout autant l’oreille. Il oscille, ses voix d’ailleurs le typent. The Last Drop, dans la foulée, emprunte ces pistes, abruptes comme louvoyantes, qui font l’identité de DOPPLeR. Uni est le groupe, parfois même il africanise quasiment, enfin je le crois, je le perçois, son registre. L’embardée se présente, récurrente. Snowflakes In An Avalanche consolide également le disque, un immanquable à proprement parler. Vocaux « conviés » et flux à l’orée de l’orchestral, magnifiques, assurent une issue de choix, jonchée de moults changements d’orientation. Il reste alors à bien finir, ce dont se charge Where We Started avec à clé, spatialité psych prenante et syncopes nourries, maison, au service d’une furia sans inertie aucune, dénuée de creux et intégralement réussie.

