City of Exiles “City of Exiles” (Autoproduit, 15 janvier 2021).

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Basé à Meymac, en Corrèze, tirant son nom d’un livre de l’Australien Stuart Braun qui retrace les parcours d’artistes ayant posé leurs valises à Berlin (Iggy, Bowie, Nick Cave ou encore Gemma Ray en sont donc), City of Exiles sort son premier album, éponyme. Pauline Denize: Cello and lead vocals; David Fontaine: Keyboards; Matthieu Forest: keyboards and guitars; le leader Guillaume Lebouis: lead vocals; Jean Baptiste Mabille: bass and keyboards; Mathieu Pigné: drums et Fabien Senay: guitars s’y unissent pour bâtir des morceaux délicats, qui ne manquent toutefois pas, ça et là, de s’enhardir. Avec Amor of a broken heart, tambour discret mais marqué, étoffe légère et vaporeuse tissent d’emblée un cocon doucereux, protecteur, aux voix alliées. Des reflets dream, un brin shoegaze, s’en extraient. Someone, d’une pop fine, se corde et susurre une mélancolie qui nous gagnera. Subtil, le sextette flatte les sens et brille vocalement. Mirror, d’un velours à deux organes, encore, brille d’un sobre éclat. Before you go (sunset) est plus vif, plus “méchant”. Ses sons, sa dynamique rock, lui permettent de donner du cachet, du relief, à l’opus. Il est bon, quand on fait dans la douceur, de ne pas faire que ça. On se lasserait vite. City of Exiles évite l’écueil, bien lui en prend.

Le soleil, voilé, développe un instru psyché, serein et troublé à la fois. Heart away séduit par ses sonorités, son ou plutôt ses timbre de voix. Il insuffle aussi de la vie, au sein d’une série de morceaux nacrés et enveloppants, qui se déroulent sans précipitation. En huit titres, City of Exiles s’intercale avec brio dans le peloton de nos groupes de valeur. One silver dollar, céleste, se fait plus “grondeur” sur son second volet, sous l’impulsion notamment d’une batterie en saccades. Les climats générés par l’album sont notables, il fait bon s’y hasarder. On y est bien, un peu entre ombre et lumière, dans le flux de mélodies de tout premier choix. Qui, c’est un bon point, se souillent parfois. Dirty lovers illustre bien la chose: petit à petit, il dévie en une envolée bruitiste, sans complètement “dégommer” ses jolis airs.

On en est déjà, alors, à la fin du voyage. Court mais marquant, celui-ci nous offre une belle surprise et une trouvaille de qualité. Jusqu’alors inconnu, de mes services en tout cas, City of Exiles et son “debut album” accompli engendrent des débuts prometteurs, dans l’attente des travaux à suivre et de la confirmation d’un potentiel de toute évidence conséquent.

Bandcamp City of Exiles