Cup “Nothing could be wrong” (Aagoo Records, 8 mai 2020).

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Basé à New York, Cup a d’abord pris son essor en tant que projet solo du batteur Tym Wojcik. Depuis, le projet a enflé et 4 personnes y prennent désormais part, en groupe soudé et, on le verra avec cette rondelle, capable du meilleur. On en arrive ainsi à ce Nothing could be wrong qui navigue entre essais à la Oh Sees (l’éponyme Nothing could be wrong), atours garage récurrents, incrustes psyché (Swarm), entre autres, pour au final générer un (très) bon album, varié, la plupart du temps énergique qui plus est. Night lite, pour ouvrir, impose sa “lancinance” tranchante, plante un décor brut et nuancé à la fois. Le son est très live, authentique. Le psychédélisme massif mâtiné d’éléments stoner qui caractérise le morceau démontre bien que Cup, sans réelles limites, déploie son éventail tout en maîtrisant l’étendue. On ne va pas, non plus, n’importe ou. La cohérence est préservée. Hideaway, bien moins céleste, galope vers des contrées garage où la encore, on installe un son dépoli, rêche, qui ne trompe pas sur la teneur. Signé chez Aagoo Records, ce qui laisse augurer de qualités reconnues, Cup est sur le point de nous refiler un opus sans défauts.

Wandering, bridé avec intensité, s’enflamme sans s’emporter. Nul besoin de sprinter pour toucher l’auditoire; giclées fuzz, avancée pénétrante, massive, et voix psyché aux reflets 70’s font le job, aussi bien que Joseph-Désiré lorsque, virevoltant, il animait l’attaque du RC Lens. Bright blue, d’ailleurs, n’est pas plus fonceur: insidieux, il libère des effluves, des ronds de fumée, célestes mais qui, ensuite, grondent et implosent.

Alors arrive, à la sauce Cramps sans la voix folle -elle est plutôt, ici, réminiscente d’un Ty Segall ou d’un Jay Reatard, ce Wrong qui brise le tout-venant leste de l’album. On approuve l’initiative, judicieuse. A l’écoute, qui passe bien vite, on se rend compte que l’effort est à ingurgiter d’une traite, sans cessation. Ghost dance, instrumental un brin kraut, garage-psych aussi, rude et subtil, résonne avantageusement. Cup a l’art, sur son ébauche, de changer de braquet, d’aller là où parfois, il n’est pas forcément attendu. Nothing could be wrong, où est souvent évoquée la mort, est pourtant plein de vie. Il dévie aussi, de la norme, et fera gigoter son lot d’amateurs. Rugueux sans gommer les mélopées, il prend fin au son d’un Strange dreamer appuyé, garage, que nos Johnny Mafia apprécieront. Court donc efficace, le morceau met un terme plein d’allant à un effort accompli.

On est par conséquent volontiers preneur; tout s’enchaîne sans rengaine et sans, non plus, s’embarquer dans des méandres incohérents. Cup est dans la vérité, celle d’une production qui rend hommage à son côté vrai, exempt de toute tricherie. Des petits sons malins, comme, par exemple, ceux qui ornent Hideaway, viennent de plus renforcer l’essai, qu’on se garde à portée de main pour, régulièrement, l’enfoncer dans le lecteur de son “autre”.

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