RVG “Feral” (24 avril 2020, Fire Records)

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Australien, RVG sort en cette fin avril son deuxième album, nommé Feral. C’est pour moi la découverte du groupe, “chopé” sur le Bandcamp de son label anglais (Fire Records). La trouvaille, vivifiante, me rappelle les 80’s mais aussi les 90’s. La voix, de classe, s’y fait rageuse dans sa distinction (Christian Neurosurgeon). L’ornement sonore, souvent très vif, unit sans dommages pop d’obédience parfois noisy, rock et impulsion punk parfois très post. Les mélodies “qualité supérieure” y trônent, emportées par le flux impétueux du clan de Melbourne. Si Alexandra, retenu, accoste déjà joliment et de manière tendue, ou plutôt sous-tendue, l’énergie explose ensuite en une gerbe de mélopées racées et pétillantes, à l’allant intrépide. C’est le cas d’Asteroid, où le jeu de guitare sur-brille façon Johnny Marr. On inscrit au rayon des voix stylées l’organe de Romy Vager, dans la symbiose avec des tonalités à la Go Betweens. Ca fleure bon le passé, celui qu’on a gardé en tête car bienfaisant et générateur d’une insondable nostalgie. Filtré au son d’aujourd’hui tout en conservant ses notes d’antan, c’est là un régal. Little Sharkie And The White Pointer Sisters scintille d’un feu pop aux flammes post-punk et le caractère de la voix, récurrent, amène ce surplus qui, souvent, façonne les grands disques. Des “Wouh!” jubilatoires colorent cette pop vive, dont l’éclat mélodique me fait penser à The Pains of Being Pure at Heart. On est bien, à dodeliner du chef à l’écoute de Feral.

Help somebody, finesse alerte sur le dos, rafle les suffrages. Fait d’élégance débridée, RVG fera parler de lui, en termes élogieux, avec cet ébauche parfaite. I used to love you, exalté…exaltera. We’re just not the same, anymore, répète t-il à l’envi et avec une pointe de regret dans le ton. En plus de faire jouir l’oreille, Feral dit des choses. Son Prima donna à l’énergie rougeoyante fait parler la poudre et prend celle d’escampette. Perfect day, merveille de subtilité entraînante, attribue un avantage définitif à l’effort en présence.

On y éprouve un plaisir décuplé, on en extrait des plages à l’éclat pop canaille. Il y a dans Feral tout ce qu’il faut pour succomber, pour chanter à tue-tête les refrains de ses airs superbement exécutés. Romy Vager, Reuben Bloxham et Marc Nolte, dans un ensemble ajusté, déposent des perles sur le parcours du défricheur que je suis. The baby & the bottle fait gicler, une dernière fois, l’ardeur d’une formation plus qu’estimable. On est comblés, on ne demande plus qu’à voir ces trois là sur les planches. Ils peuvent finir, quand Photograph pointe le bout de ses notes, sur des abords apaisés. Le titre est beau, poignant et, dans le chant, dégage une intensité à nu, palpable.

Feral est donc, vous l’aurez saisi, une pépite définitive. Entre joliesse et impolitesse, mélodies à tomber et giclées vitaminées, il détient les clés pour, vite, placer ses géniteurs au premier plan de la scène internationale.

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