Raskolnikov “Lazy people will destroy you” (28 février 2020, Manic Depression Records/Icy Cold Records).

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Venant de, tenez vous bien, Genève, Konstanz, Paris et Reims, Raskolnikov réunit Jérôme Blum (Drums), Quentin Allamand (Guitar / Synth), Mathieu Pawełski-Szpiechowycz (Bass Guitar / vocals), et Pablo Garrido (Guitar). Un premier album nommé Hochmut kommt vor dem Fall est sorti en 2017 chez Manic Depression Records, plus de 70 concerts ont été donnés depuis et voila que sort, toujours chez Manic Depression mais avec la contribution d’Icy Cold Records, ce Lazy people will destroy you. Fait de post-punk et de cold-wave, il plaira vite à la paroisse des dits genres et se montre de plus rugueux, souvent enlevé, racé, également, de par ce chant d’obscur crooner. Faut pas faire chier Albert Roche, pour débuter, déchire comme un Sisters of Mercy sous perfusion post-punk rageur. Raskolnikov non plus, faut pas le faire chier. Sinon ça chie et là, c’est bel et bien ce qui survient. L’entrée en matière ne laisse guère planer le doute; les 4 gaillards sont prêts pour la bagarre. Stockholm 2, dans sa flamboyance mélodique, de par ses gimmicks fatals à la New Order, frappe à son tour là où il faut. Il fait d’ailleurs l’objet d’un joli clip, inséré plus bas dans cet article. Dans la vigueur de Raskolnikov, il y a aussi de l’émotion, un impact à la Interpol dans ce qu’il a pu faire de meilleur (Fall colours). Ca convertit vite son homme, ce son là. Post-punk et cold-wave donc, bien bons à entendre. Urgents comme Montauk Point Lighthouse, quatrième boulet tiré avec efficience.

On a donc la mainmise sur le boucan, bien envoyé. On le décore avec des claviers de derrière les fagots, bien fagotés. La route est dégagée, la voie est libre; Raskolnikov peut imposer son bruit, valorisé par un No safety word où voix grave et motifs adoucis, mais en proie à un rythme implacable, partagent le bousin dans la fiabilité la plus totale. Avant qu’on en vienne à Вий (Vij), grattes orageuses dans le slip, climat retenu et menaçant sous le Marcel. Les mecs ont de la tenue, ils nous déposent une série de morceaux parmi lesquels on ne fera aucun choix avéré. Tout est à prendre.

Ainsi Sisyphos, fonceur, ne se laissera pas dompter. Ca sent encore, en l’occurrence, l’urgence. Le propos est belliqueux, Raskolnikov le peut; il a ce qu’il faut pour faire face à n’importe quel belligérant. Il a aussi le droit de retomber, ça ne dure pas; Sold dead souls, après des premiers instants légers, repart au galop, glaive sorti du fourreau. Il est tout de même plus modéré, bien décoré aussi. Lazy people will destroy you confirme qu’au sein des 2 labels engagés dans la sortie du disque, on rate rarement ses menus. Don’t want to see the doctor today (pas besoin messieurs, vous tenez la forme!), en prenant l’option légère et sous-tendue que la voix vient percuter, amorce la redescente sur une belle pente. Et c’est Stockholm 3, plus introspectif, mélancolique, qui conclut dans la beauté, dans un belle tempête sonique passagère aussi, un p+++++ de bon skeud.


Photo Angèle Caucanas

On tient donc, c’est une constante bien appréciable s’agissant des sorties “Manic-Icy”, une trouvaille déjà sur les bons rails. On s’en félicite en réécoutant, évidement, la rondelle en question et ses chansons sans temps faibles, troussée par un quatuor d’hommes soudés et pertinents dans la matière qu’ils recrachent.

Site Raskolnikov

Site Manic Depression Records

Bandcamp Icy Cold Records