A l’heure où le buzz grandit en toute logique autour du groupe, auteur de lives détonnants et d’un premier opus de tout premier ordre, prémonitoirement intitulé Superior state, questions au quintet parisien qui nous gratifie également d’un tout nouveau clip pour le titre Last stop…

1) Superior state, votre premier «long jet », signifierait-il que vous avez, avec lui, franchi un palier, évolué dans la quête de votre identité groupale ?

Un premier album c’est forcément quelque chose d’important pour un groupe, le nom peut-être interprété comme ça oui mais il ne faut pas le prendre trop au sérieux.

D’une part on trouvait intéressant le côté totalitaire du nom, et à côté de ça c’est drôle d’arriver avec un nom qui peut être super prétentieux – il y a Drab Majesty aussi qui a appelé un album « The demonstration » c’est forcément un peu une blague.

2) Quels sont, dans ce disque, les thématiques que vous abordez ? Est-il aisé d’écrire des textes, et de les défendre, dans un groupe de 5 personnes où on pourrait diverger sur ce point ?

Pas vraiment de soucis de ce côté là car c’est seulement Francis qui écrit et ses textes sont la plupart du temps assez métaphoriques et libres d’interprétation – même si ça peut parfois faire référence a des choses très concrètes ça reste toujours un peu mystérieux…

Il y aussi un petit côté politique dans l’album mais ça passe plus par les visuels et les noms des morceaux. Il y a un morceau qui parle des addictions en général, d’autres vont parler de trucs plus perso ou encore de ce que notre époque peut avoir d’oppressant.

3) Vous partagez la scène avec des groupes d’envergure dans le créneau qui est le votre . Que cela vous apporte t-il et que pensez-vous des « jeunots » de Structures, issus de ma ville et que je trouve particulièrement prometteurs ?

Toujours très cool de jouer avec des groupes qu’on écoute par ailleurs oui, et quand c’est des gros trucs c’est vrai que ça peut être excitant, genre là on va bientôt jouer avec Ride à Bordeaux …

Structures ont partagé notre local de répète un moment, ils sont très sympa! Par contre ils collent des autocollants de leur groupe partout…

4) Quel est votre sentiment au vu des événements à Mains d’Oeuvres ? J’imagine qu’étant partie prenante de la structure, cela vous touche singulièrement…

C’est vrai qu’on louait un studio là-bas mais pour nous les conséquences ne sont pas si graves. C’est plus triste par rapport à tout ce que Mains d’Oeuvres représente, et par rapport à la vie qu’arrivait à créer ce lieu dans le quartier. C’est assez incompréhensible de vouloir fermer un endroit comme ça plutôt que de l’aider à subsister.

5) Pour en revenir à Superior state, il m’a immédiatement scotché ! A la première écoute j’y trouvais tout ce que j’aime : l’intensité, le côté frontal, les penchants cold et les sons imaginatifs. Avez-vous cherché avant tout, quand vous avez conçu ce disque, ce côté « immédiat », une accroche forte qui d’emblée raflerait la mise ?

On a toujours beaucoup travaillé comme ça, mais justement pour l’album on s’est permis de sortir un peu de nos formats habituels sur certains morceaux et de ne pas toujours chercher le côté catchy. Là, il y a aussi des trucs plus noise ou des structures qui prennent plus le temps ; c’est ce que nous a permis le long format d’un album.

6) Je vous ai vus sur la scène de la Lune des Pirates, à Amiens et en 1ère partie de Motorama, en février 2017. Si vous vous souvenez de ce live, quelle impression en tirez-vous ? Je vous y ai trouvés très convaincants, forts d’un impact déjà affirmé ; la scène est-elle pour vous un endroit où vous « transcendez » votre répertoire ?

C’était en plein pendant le tournée de « Distance » quand on était encore à 4 et oui je crois que ça s’était plutôt bien passé: le set était déjà bien rodé je pense. La scène permet d’incarner les morceaux, ça leur donne beaucoup plus d’énergie et dans notre cas c’est vraiment la dimension supplémentaire qu’apporte le live.

7) Pensez-vous d’ores et déjà à l’élaboration du prochain album ? Avez-vous pour celui-ci des idées en tête, une base déjà établie, ou vous laisserez-vous guider par l’inspiration du moment ?

Pour le moment on préfère sortir des choses de façon plus spontanée plutôt que de s’atteler au long processus qu’est l’écriture d’un album, donc plein de choses à venir comme une série de remixes dès le mois de novembre et un inédit qu’on sortira en janvier.

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