Minimal Compact “Creation is perfect” (25 octobre 2019, Minimal Compact/Differ Ant)

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Originaire de Tel Aviv mais implanté à Amsterdam, Minimal Compact fit partie de la vague post-punk et new-wave, dont il fut l’un des représentants les plus significatifs avec, entre autres, le fameux et fabuleux Deadly weapons (1985). Avec ce Creation is perfect, il signe son retour discographique en réengistrant, mêlant enregistrements live et sessions studio, 7 de ses classiques q’un titre inédit, Holy roller, vient agrémenter. Avec bonheur.

En effet, le dit titre est d’une part concluant. Entre post-punk et volutes synthétiques qui virevoltent, aérien comme peut parfois l’être le Wire de…Colin Newman, qui produit le disque et collabore avec le groupe depuis bien longtemps, mélodique mais vivifiant, il crédite le retour de Rami Fortis et consorts, que des scènes prévues en 2020 fortifieront sans nul doute à leur tour. Voilà pour la partie réellement nouvelle et d’autre part, c’est une nouvelle vie, une actualité certaine, que Minimal Compact trouve dans son labeur avec Newman, à commencer par ce Statik dancin’ loin d’être “statik”. Il installe une pulsation funky, Samy Birnbach y va de sa voix tarabiscotée et on comprend de suite que l’effort de “réactualisation” n’a pas été vain. Le plaisir est grand, à l’écoute, et fait espérer un vrai nouvel album.

Les ambiances sont de plus diverses; Take me away marie guitares sobres, mais entêtantes de par leurs motifs, et atmosphère déliée…en apparence. On a envie, très vite, de se replonger dans les essais du groupe depuis sa création, en 1980. Mais on poursuit l’audition, emballé qu’on est, ensuite, par Nada qui impose sa mélodie acidulée, gentiment tranchante et bénéficiant d’un son qui lui confère du relief. Les envolées de guitare sont délectables, le positionnement du morceau entre retenue et parties plus vives judicieux. Raging souls, qui suit, est moins immédiat mais prenant, une fois encore, par l’atmosphère qu’il génère. Les relectures sont à la fois belles et dynamisantes, puissantes et nuancées.

Not knowing privilégie la seconde option et Malka Spigel y pose son chant, pur. On ne sait pas, pour reprendre l’intitulé du morceau, si Creation is perfect aura une suite, mais on l’espère vivement. Un My will à la pop ombragée entretient l’attente, les voix unies l’accroissent même. Le disque est certes trop court, on aurait aimé y entendre plus de choses, plus de titres retravaillés et au delà de ça, d’avantage de compositions entièrement neuves. The well compense le regret en campant ses riffs durs et une ambiance cold un brin orientalisante. Les 8 travaux présentés ici remettant au goût du jour, avec brio, une formation de toute façon intemporelle, culte qui plus est, dont on attend désormais beaucoup après écoute et sachant que des dates vont être assurées.

Photo Orit Pnini.

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