The Coathangers “The devil you know” (8 mars 2019, Suicide Squeeze Records/Differ Ant)

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Trio d’Atlanta, The Coathangers a déjà à son actif 6 albums et 12 ans de tournées soutenues. Pour ma part, je le découvre. La surprise est (très) bonne, The devil you know se montrant assez…diabolique pour rester dans les caboches, assez nerveux et féminin, de façon rageuse, dans la voix, pour séduire. Ceci sans exclure la douceur féminine virevoltante mais percutante (Bimbo, enchanteur, en amorce).

On adhère d’entrée donc, et il sera malaisé de décrocher. L’album est orageux, un peu riot grrrl, les morceaux assez courts et efficaces pour ne pas être oubliés. L’énergie est très présente, le ton plutôt bourru (5 farms). Les demoiselles ont de plus la bonne idée de se tempérer avec adresse et de façon, c’est à noter, parcimonieuse. Elles conservent ainsi un bel impact, demeurent performantes même dans leurs essais plus mesurés, qui n’oublient pas d’allier à ce côté avenant des embardées remontées (Crimson telephone). C’est du rock, du vrai, qui marque nos oreilles tant par sa mélodie que par sa vigueur devant au punk. Et qui, sur des cadences alertes et pétries de groove (Hey Buddy), plaira à nouveau grandement. Tout comme sur ses temps de défouraillement doté de choeurs “de dame” qui font leur effet (Step back), dont les intonations rappellent les Pixies avec délice.

Arrivé à la moitié de l’essai, avec Stranger danger, on sera bien loin de décrocher. Les voix s’unissent, différentes et pourtant complémentaires. L’opus des Coathangers semble passer l’épreuve haut la main. Leur rock est intense, dense, riffe avec ardeur et allant (F the NRA). JULIA KUGEL-MONTOYA, STEPHANIE LUKE & MEREDITH FRANCO font dans l’affront, se montrent mutines et signent un disque de haute volée. Memories insuffle une note légèrement bluesy, passée à la malaxeuse rock des donzelles. Quand Last call pose le jeu, on l’accepte car à l’écoute, il est aussi probant que le reste. D’autant plus qu’ensuite, il part dans un dérapage noisy-grungy très emballant…avant de retomber avec joliesse.

Stasher, turbulent, prend alors le relais sans faiblir, bien au contraire. Rock et batailleur, il enfonce le clou d’un groupe à la féminité encanaillée. Il est alors déjà temps de se séparer, à la sortie d’une dizaine de morceaux qui génèrent une forte attraction. On s’y résout mais on y reviendra. Lithium, dépouillé, finissant en valorisant le “sucré” d’une voix féminine alliée à quelques notes suffisantes pour, sur ce final, faire une fois de plus pencher la balance du bon côté.

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