James Eleganz “The only one” (12 avril 2019, ZRP)

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Ex-Success, groupe électro-rock/fusion malheureusement “défunt” avec lequel il s’illustra scéniquement et discographiquement, James Eleganz s’essaye désormais à la carrière solo. Dans ce cadre, il a eu la chance de croiser la route de Toby Dammit, qui a oeuvré avec Nick Cave et Iggy Pop. Cela lui a permis d’aller enregistrer ce superbe opus, The only one, au Rancho de la Luna, studio mythique situé en plein désert californien. Il y a d’ailleurs croisé Mike Watt, fondateur des Minutemen.

Mais revenons, après ce constat de circonstances favorables, à l’album. Son “Eleganz” est audible, il fait autant dans le velouté classic-rock (un magnifique Lasso the moon en ouverture) que dans un rock qui griffe (Consolation) sans se séparer de son savoir-faire mélodique. J’avais, à l’occasion d’un live aux Scènes d’été beauvaisiennes, été frappé par l’énergie du bonhomme avec Sucess. Cette fois, celle-ci s’accompagne d’un brio dans la composition qui lui fait largement honneur. Après l’amorce, The horse song marie mélodie et sons plus bruts, l’atmosphère est au mitan du distingué et du sulfureux. Les morceaux sont de toute façon superbes, ouvragés avec la maîtrise des meilleurs. Des choeurs féminins réhaussent; si besoin était, l’ouvrage. L’éponyme The only one, typé Américain comme l’est la plupart des chansons, transpire la classe. Entre impact rock et brillance mélodique, les sommets sont en vue.

Avec Hide away, le feutré fait effet. Classe et élégance, ou plutôt Eleganz, font foi. Puis Forgive me, forget me le voit s’associer à un chant féminin notable. On est un peu dans le “vénéneux” à la Nick Cave. Musicalement, c’est un régal et l’intensité est de mise. A la suite dudit morceau, Consolation poursuit, avec classe et énergie, la route victorieuse. James Eleganz n’est pas que beau, il sait aussi rocker et le fait sans faillir.

On suit sa route quoiqu’il entreprenne. Better man étincèle. Every time I’m with you, entre “sirupeux” et affirmé, est tout aussi bon. Et rocke avec énergie, ce qu’on appréciera bien entendu, avant de retomber dans une beauté non dénuée de mordant. The only one est splendide. The last walk doucit le ton, met en avant un climat acidulé dans sa magnificence. La dualité des voix est porteuse, magnifique.

Enfin, The wedding song laisse à entendre des batteries lestes, une ambiance opaque et aérienne dans le même mouvement. Avec, cerise sur le gâteau sonore, des embardées rock irrésistibles. Inutile d’épiloguer, James Eleganz réalise pour le coup un sans-faute et assied dès ce premier jet une carrière solo q’on espère aussi porteuse que celle émanant de Success.

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