The Very Small Orchestra, interview

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The Very Small Orchestra sort son troisième album, Gagarin!, le 2 février 2018 et Vincent Bosler, le chanteur du groupe, a accepté de répondre à quelques questions par mail pour nous en parler un peu. le groupe fera 3 concerts cette semaine pour fêter la sortie de l’album: le 1 février au Cafémusic à Mont de Marsan, le 2 février au Magneto à Bayonne et enfin le 3 février à Bordeaux à Sortie 13 (événement Facebook).

Facebook de The Very Small Orchestra


Joseffeen/Muzzart: Le son de l’album sonne très live. Comment s’est passé l’enregistrement?


Vincent: Nous avons enregistré le plus gros de l’album dans une maison à côté de Bayonne, on y a enregistré, mangé, (festoyé un peu aussi..) et dormi pendant une grosse semaine. Le salon était très haut de plafond, les ingés son (Emilie Cabezas et Thomas Bienvenu) se sont servis de la réverbération naturelle de cette pièce en particulier pour capter les différents instruments. Le son live qu’on entend c’est le son de la maison, c’est un peu le septième musicien de l’album.


Joseffeen/Muzzart: Entre folk rock et road movie, il est beaucoup question d’errances et de solitude dans cet album, est-ce pour ça que vous lui avez donné le nom d’un astronaute que l’on retrouve dans votre titre “Les fils de Poutine”?


Vincent: Le titre “Gagarin!” est plus en rapport avec cette chanson en particulier, on l’a choisi pour l’album parce que ça claque bien mais aussi et surtout pour son parcours, c’était un pilote très doué mais inconnu puis il est devenu un véritable demi-dieu en quelques semaines grâce à son exploit. Mais en même temps, on ne lui a pas donné le choix, cette mission très dangereuse, d’autant plus pour l’époque, lui a été imposée. Il était beau gosse, on lui a prêté de nombreuses conquêtes féminines à tort ou à raison. Et puis il était devenu trop populaire donc on a ruiné sa réputation parce qu’il n’était pas bien vu d’être plus populaire que les gens de pouvoir de l’époque, certains complotistes disent même que l’accident d’avion qui lui a couté la vie n’en était pas un. Enfin bref, ce type est une légende de la Russie, un pays riche de paradoxes.



Joseffeen/Muzzart: Vous êtes un très petit orchestre à la base mais il y a de nombreux invités sur cet album dont un rappeur sur “Roue libre“. Comment se sont organisées ces participations?


Vincent: Le rappeur Jon Smoke est le neveu de Kiki (harmoniciste du groupe), Jurgi, Stéphanie et Niko Etxart sont des amis avec qui ont voulait faire quelque chose depuis longtemps. On pensait d’abord faire ça en live, une sorte de Taratata de notre coin qu’on filmerait. On n’a jamais eu le temps de mettre ça en place donc on s’est dit que c’était plus sage d’enregistrer une compo et/ou une reprise avec chacun et qu’on verrait plus tard pour le live. Ca a été fait bien sûr dans le speed et à l’arrache parce que tout le monde a des emplois du temps chargés mais ça a été un vrai plaisir et on est très heureux et fiers du résultat!


Joseffeen/Muzzart: J’aimerais maintenant que tu me parles des deux titres que vous avez sortis en clips. Tout d’abord “Kitchen Floor” sur lequel on retrouve ce thème de la solitude…


Vincent: Kitchen Floor” parle de ce thème et d’autres à travers l’histoire de deux amis qui sont morts l’année précédant l’enregistrement. La solitude, l’éloignement et l’idée de devoir profiter de la vie tant qu’il est encore temps. Donc évidemment le texte n’est pas très gai, on ne voulait pas d’un clip qui raconterait cette histoire directement, alors le réalisateur Gautier Verdavoir a imaginé et écrit une histoire parallèle abordant les mêmes thèmes, c’est un film dans le film, deux histoires racontées en même temps, l’une en parole, l’autre en image, avec la musique en point commun.



Joseffeen/Muzzart: Et pui il y a “Slow surfin'”.


Vincent: Slow surfin'” est une chanson sur les addictions à travers l’histoire d’un vieux surfeur qui ne peut se dégager de sa passion mais qui n’arrive plus à suivre physiquement. Le clip s’est tourné en une seule journée à l’arrache, on a solutionné les problèmes posés par le scénario (qu’on avait imaginé sur un coin de table) à l’arrache et avec les moyens du bord. C’était très speed et très drôle à faire. Les prises sous marines ont été réalisées un autre jour, évidemment on aurait du faire ça en été mais ça n’a pas été le cas, on a fait ça en décembre… Le plongeur caméraman qui était suréquipé pour le froid m’a dit que j’allais souffrir. Ca a été très dur sur le moment, tout le mode rigolait sur le tournage sauf moi, j’avais la crève en plus. Enfin bref, pas le choix on a tourné les plans prévus, à la fin le caméraman m’a confié que l’eau faisait 6 degrés… Ca reste un excellent souvenir après coup et le plus beau c’est que le choc thermique m’a guéri de la crève!



Joseffeen/Muzzart: Vous êtes habitués des reprises et on en retrouve 4 sur l’album. Peux-tu me parler un peu du choix de “Light My Fire” des Doors et “Ride on” d’AC/DC?


Vincent: Il y a moins de reprises sur cet album que sur les deux précédents. “Light my fire”, c’est parce que Jérôme a trouvé une ligne de contrebasse rigolote, un peu genre musique pour soirée de l’ambassadeur, ça nous plaisait bien. “Ride on” était un souhait de Jurgi, un de nos invités, l’idée était de faire de ce titre un truc très dépouillé. Jouer des morceaux de gros rock ou même de métal en version “à poil” pour n’en garder que l’essentiel nous plait beaucoup.


Joseffeen/Muzzart: En plus des 8 titres originaux et des 4 reprises, il y a en bonus sur l’album les 12 titres de la BO du court-métrage “Fishing in the Moonlight” de 2016. Comment avez-vous travaillé sur cette BO?


VincentChristian Monnier le réalisateur voulait utiliser un des titres de notre deuxième album pour son film. On lui a dit ok à condition qu’on puisse faire tout le reste de la BO. C’est un vrai plaisir de marier le son et l’image, on aime beaucoup faire ça, on travaille d’ailleurs en ce moment parallèlement à une pièce de théâtre qu’on accompagnera en live, on vous en dira plus bientôt.

Le film n’est pas encore disponible sur le net, il poursuit sa vie dans les concours de courts-métrages.


Joseffeen/Muzzart: Vous serez en concert ce samedi à Sortie 13 à Pessac en formule “very big orchestra”, qui sera sur scène avec vous?


Vincent: On sera donc en version BIG à 6, Denis Barthe(batterie), Jérôme Bertrand (basse), Pascal Lamige (accordéon), Kiki Graciet (harmonica) Don Rivaldo au violon et moi-même à la guitare. Je sais qu’on aura tous nos invités (Stéphanie “Sista Simone”, Jon Smoke, Jurgi Ekiza & Niko Etxart) pour la date de Bayonne mais je ne sais pas encore qui pourra nous suivre sur les trois dates de release (Mont de Marsan, Bayonne, Bordeaux) pour des raisons d’emplois du temps.

Quoi qu’il arrive on a hâte de présenter ce nouvel album au public. C’est l’aboutissement de plus d’un an de travail même si de l’extérieur on donne l’impression de tout faire à l’arrache!



Muzzart quizz:


Joseffeen/Muzzart: Quel est le meilleur endroit pour écouter de la musique?


Vincent: En voiture, seul, pour pouvoir brailler comme un connard !


Joseffeen/Muzzart: Quel est le meilleur groupe de rock de tous les temps?


Vincent: Très difficile à dire, c’est surtout une histoire de contexte. Jimi Hendrix par exemple est un musicien génial mais parfois trop génial. Suivant l’humeur on a parfois plus besoin d’écouter Ennio Morricone ou Patrick Sébastien. J’exagère avec Patrick Sébastien, je peux vraiment pas supporter, mais ça arrive parfois de préférer se défouler sur du disco ou de la pop nase des années 80 que sur Frank Zappa. Tout dépend de la journée qu’on a passé…


Joseffeen/Muzzart: Quel est votre dernier coup de coeur musical?


Vincent: Toujours une méfiance pour les groupes si géniaux soient-ils qu’on essaie de nous vendre à longueur de journée à travers les médias, je préfère découvrir en live. On a passé un super moment récemment avec un groupe de Berlin qu’on a découvert en concert au bar du coin de ma rue, pas moyen de me rappeler le nom du groupe mais l’énergie et les idées musicales qu’ils nous ont fait partager sont encore bien présentes dans ma tête.




Merci à Vincent et Yann!

Teaser Fishing In The Moonlight from Christian Monnier on Vimeo.



Merci à Vincent et Yann!