Sage, pas si Sage que ça, à la Lune des Pirates

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Placée sous le signe de l’electro-pop, la soirée du 28 mars accueillait deux formations issues certes de ce créneau, mais qui le transcendent avec à propos.
Dralms, tout d’abord, nous gratifiant de son savoir-faire canadien en jouant ses ritournelles qui oscillent entre lenteur feutrée et envolées psyché plus distordues sous le joug, la plupart du temps, des claviers. En clair-obscur soigné, Dralms parvient à captiver, notamment donc à l’occasion de ses dérapages qui l’extirpent d’une sagesse un tantinet trop prononcée. La surprise est toutefois de mise, l’univers bien conçu et le concert digne d’intérêt, rarement trop “rangé” ou prévisible.
La voie est donc libre et bien dégagée pour Sage, ex-Revolver qui, avec ses deux batteurs complémentaires (l’un organique, l’autre plus synthétique et vas-y que j’te marque le tempo furieusement, dans une unisson ahurissant), son jeu de piano et sa voix d’ange, va mettre sur le flanc le public de la Lune. De morceaux au départ déjà probants, il fait de véritables pépites live sauvages, qui voisinent sans heurts avec d’autres essais apaisés que son chant pur et intense met en exergue. Voilà un live notoire, qui suinte la passion, la créativité aussi, et se paye le luxe d’étendre le champ d’un album certes bon, mais incontestablement dopé par la prestation du soir. Le gars est de plus dans l’échange, use de gimmicks géniaux et finira même par une cover, seul à la guitare et pour le fun, preuve de son auto-dérision, de Phil Collins. En ultime moment, donc,  d’un set bluffant de qualité et d’inventivité, le tout en demeurant simple et accessible.
Photos William Dumont.