Mansfield.TYA – Corpo inferno

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Mansfield.TYA, soit Julia Lanoé et Carla Pallone, possède son propre univers, electro parfois enfantine (Gilbert de Clerc) au verbe parlant, déclinée depuis 2005 et June et à nouveau décliné, donc, sur ce nouvel opus appelé Corpo inferno.
On peut y entendre, avec délectation, des essais assombris par leurs claviers froids (BB), embellis, aussi, par le violon (Jamais jamais) qui introduit d’ailleurs Bleu lagon, titre d’ouverture entêtant avec, entre autres, son refrain que forcément, on garde en tête (“Je vais faire la fête à en crever”). Mansfield.TYA est reconnaissable, impose sa coloration musicale sobre mais de choix, ombrageuse, magnifique (Les contemplations, La fin des temps et son violon, encore une fois, décisif). Les deux demoiselles convient même Shannon Wright, collègue de label, sur Loup noir et cette dernière y va de sa voix pure, sensible, pour générer un morceau plutôt serein. C’est là que le bât blesse, le seul reproche qu’on pourrait émettre à cet album étant qu’il s’encanaille peu voire pas du tout, si ce n’est dans les mots. Musicalement, c’est personnel, attrayant et singulier, mais encore prudent en termes d’envolées. Palais noir, cadencé, s’y attache et à l’écoute de cet autre essai concluant, on se dit qu’on apprécierait que le groupe réitère ce type d’ouvrage. Fréquences fait retomber le rythme, reste malgré cela estimable, abouti, presque post-rock avec ses voix samplées.
Il y a là, du reste, de quoi retenir l’attention, Mansfield.TYA étant parvenu à défricher jusqu’à enfanter SON territoire sonore et verbal. Le monde du silence et ses boucles le confirme, Le dictionnaire Larousse et son économie de détails dans l’ornement -c’est aussi une constante, plutôt bienvenue, chez le duo-, fait de même et on se rend compte que le propos fait “passer” la sagesse sonique dominante du tout.
Enfin, La nuit tombe drape de sa géniale noirceur (l’une des “armes” de la paire, incontestablement) une oeuvre qui, au bout de quelques écoutes, envoûte et porte une identité forte, à l’image de ses génitrices hébergées par Vicious Circle, label lui aussi décalé et fortement recommandable.