Anakronic – Spoken machine

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Toulousain (beaucoup de groupes crédibles, soulignons-le, viennent de cette ville), Anakronic pratique un electro/hip-hop mâtiné, à l’occasion, de riffs rock, après s’être un temps essayé à mélanger musique klezmer et electro et avoir collaboré avec le clarinettiste David Krakauer. Anakronic s’ouvrant aux voix en 2009 avec Mangu et So Called, la rencontre avec la rappeuse Taron Benson et trois morceaux communs au New Morning convainquent le groupe de s’attacher ses services.

Ainsi prend naissance Spoken machine, album diversifié où des featurings de choix cimentent l’ensemble. Electro bien sûr, souvent vivace (Little princess), élans rock brefs mais durs (la guitare de Marc Ribot densifie les deux Sound level, I et II donc), début hip-hop de guerrière ou plus “doucereux”, tout est réuni et bien amalgamé pour séduire le chaland. L’objet, de plus, est beau, Wild medesin bondit, balance de la boucle accrocheuse et dans son sillage, il n’y aura pas de plantage. Jamais trop classiquement rap, Spoken machine peut aussi se faire plus saccadé, électrico-electro (The watch), faire briller Pigeon John et ADDAM (All out aux riffs secs et gimmicks funky appréciables), s’appuyer sur une basse rondelette (Just us). C’est bien dosé, ajusté, Mikael Charry intervient de façon décisive au piano comme à la guitare, ou encore aux synthés, Darrel Greenlee hip-hopise Sound level I et l’instant d’après, c’est le quasi-indus/dubstep Ouverture, noise également, qui s’offre à l’auditeur entre sons “sales” et décor plus cosmique.

C’est assez représentatif de l’esprit général, la trame est hip-hop mais ne s’y restreint pas, les sons de clavier sont assez obsédants (Armadillo, ponctué aussi par une batterie assénée), le rendu assez vivant et sauvage pour s’imposer. Dommage qu’on n’ait que de façon épisodique ces embardées rock, elles laissent toutefois place à des essais expérimentaux intéressants (Sound level II, spatial) et une belle musicalité se dégage de l’album. Cabbalistic chamber remet en scène une forme de dureté rock, basse et gratte mettent de la rudesse, les nappes electro enveloppent le tout adroitement. On hoche la tête, autant sous le groove que pour approuver, So many flowers se démarque ensuite par sa trame narrative mais se montre trop court pour marquer l’auditeur. 

Enfin, le trépidant Noise in sepher II (Nemocaine remix), avec Noah Nachbush au mic et des breaks qui le tempèrent, ses riffs détournés, conclut avec animation un opus de qualité, auquel manquerait donc uniquement un supplément d’impact rock.