Kid Francescoli – With Julia

0
720
Avant de rentrer dans le détail de l’album de Mathieu Hocine AKA Kid Francescoli, sachons qu’il est issu d’une romance vécu par notre homme, à New York, avec Julia, dont il écrit ici la BO à deux voix, accompagné bien sûr de ladite Demoiselle.
L’histoire ayant pris fin, on pourrait redouter un opus mièvre, sentimental à fond les manettes, mais le talent du marseillais permet d’éviter brillamment l’écueil. Ici, on peut profiter d’une superbe collection de chansons electro-pop aux atours multiples (hip-hop sur Prince Vince) qui bénéficient en plus de la patte de Simon Henner (Nasser, autres marseillais imprenables). Il y a par conséquent dans ce With Julia un groove “à la Nasser”, une belle mélancolie aussi, des pelles de gimmicks qui font qu’à l’arrivée, on garde tout en tête. Blow up, merveilleux, instaure d’emblée les deux chants accouplés, sert une pop de rêve que des élans acidulés sur la fin, et une basse ronde, sertissent idéalement. C’est de plus simple à l’écoute, sans méandre aucun, rêveur aussi, animé par la tristesse, en l’occurrence diablement inspiratrice, liée à la fin d’une histoire. Une certaine légèreté rétro s’invite aux réjouissances (My baby), des rythmes discrètement hip-hop aussi (Boom boom #2), on développe là une science du détail sonore presque effacé mais décisif qui fait systématiquement pencher la balance du bon côté.  On s’en éprend donc, de cette coolitude empreinte d’allégorie, l’obscur et dansant Does she?, illuminé par le chant désabusé de Julia, vient parfaire la première moitié du disque.
Celui-ci ne fléchira ensuite en aucune manière, I don’t know how, léger, l’enjolivant de ses spirales de claviers avant que la pop irrésistible de Mr know it all, avec ses sifflements et ses encarts un peu plus “”rudes”, n’enfonce le clou d’un travail plus que cohérent. Le virevoltant Disco queen peut ensuite faire office de tube electro-pop animé, l’affaire est déjà pliée et l’auditeur s’y plie avec délices. Il a même droit à deux ultimes gâteries: Italia 90, spatial, et pour finir, Dirty blonde. Aérien lui aussi mais de façon plus vive, orné comme bon nombre d’autres compositions par des sonorités qui s’incrustent de façon indélébile dans les caboches, en conclusion donc d’un sacré bon album.