Divers – Abus Dangereux face 134: CD Abus 122.

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C’est un fanzine rock de choix, c’est une VPC tout autant de choix, c’est de la découverte en veux-tu en voilà, par le biais notamment d’un cd sampler généreux et sans mauvais travers.
Abus Dangereux, dont l’abus n’est pas dangereux, “crèche” à Bordeaux depuis 1987 et, en lien avec des labels tels que Vicious Circle, vend et ventile une came musicale à l’abus dangereux…pour la morosité. Son modeste cd agrafé en fin de zine, sur cette Face 134 (Cd Abus 122 pour ladite rondelle), parcourt un spectre allant de Laetitia Shériff aux rétro-actuels Véronique Vincent & Aksak Maboul (remember The Honeymoon Killers, dont le dernier projet voit le jour via ces deux phénomènes…30 ans après sa conception, et ce sans y prendre une ride). Entre noms déjà confirmés, mais résolument indé dans leur parcours, et pépites totalement inattendues, brillance pop à l’éclat rétro (Allah-Las avec Buffalo Nickel, ses “pa-pa-paaa” irrésistibles), rock encore une fois à l’ancienne à la fois classieux et tapageur (Miraculous mule et son Blues uzi), trouvaille de chez Casbah Records (les percutants Black Pistol Fire) ou Catalogue et son Youpi qui génère la même exclamation avec son post-punk finaud, on comprend vite qu’ici, l’heure n’est pas au mainstream aseptisé, loin s’en faut. 
On pourrait détailler chaque titre, tous les groupes ici valent l’écoute et le détour, le panel laisse une large part aux formations émergentes, parfois issues d’autres projets existants (les fameux Duck Duck Grey Duck avec l’un des Mama Rosin’), le défricheur Olivier Mellano réjouit aussi son monde avec We are the fuse, extrait de l’excellentissime MellaNoiEscape, Subs impose son rock gras au chant féminin braillard, The Curse tranche lui aussi mais plus mélodiquement -quoique- dans une veine franche du collier, c’est juste jouissif…comme l’alliance Slow Joe/The Ginger Accident, dont on connait la fabuleuse histoire pour peu qu’on soit initié.
Surprise, aussi, avec Laetitia Sadier et sa sucrerie nommée Echo port, légère et ambiancée, qui outre sa qualité m’a refilé l’envie de me replonger illico dans l’oeuvre de Stereolab, ou encore avec Les Stores, façon pop rétro légère et narrative. The Superets et sa pop chantée en Français chatouille Aline avec le très bon Le sang, l’argent, Cowbones joue un New cobonnie qui lorgne vers Jon Spencer, la coupe est pleine et on la boira jusqu’à l’ivresse musicale, entre, niveau lecture, le sourire de la Dame Shériff en couv’ et une ultime salve dédiée au label Yotanka où trônent Bikini Machine, Zenzile, Ropoporose ou Kid Francescoli…