Loudblast justifie son appellation à Abbeville…

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Sept petits euros (seulement quatre pour les étudiants et – de 25 ans!) pour Loudblast et ses deux “ouvreurs”, une affiché métallique percutante à souhait; se priver aurait été stupide et l’espace culturel Saint André vit en ce samedi de janvier un public jeune -et moins jeune, le tout dans la paix totale- investir ses locaux, avec grand enthousiasme bien que privé de son houblon préféré au bar du soir.
Peu importe, l’essentiel était dans la salle et les locaux de Waverly Lies North y assurent un show mature, leur métal symphonique passant assez aisément l’épreuve, lyrisme et impact sonique voisinant avec pertinence. Des touches gothiques mesurées et une imagerie de choix étayent la démarche des abbevillois, d’autant plus méritoires que la ville compte encore peu de groupes réellement évolutifs à son actif. Un bon moment, une bonne amorce, avant les amienois d’Altered Beast qui eux vont faire monter la pression d’un cran, et de quelques goulées -de whisky- supplémentaires.
Auteur d’un métal “à l’ancienne” mais bougrement percutant, heavy et intense, la bande à FLH riffe fort, joue vite et plutôt bien. Expérimentés, les briscards paraissent même -l’effet “déblayage pour Loudblast?- cingler plus encore qu’à l’habitude. The madness, Living for the sin, entre autres morceaux déchaînés, intensifient le gig, une reprise bien exécutée du Painkiller de Judas Priest se fait apprécier et à l’issue, rien à redire au sujet de ces adeptes des 80’s, performants et qui plus est soudés. Quelques clichés métal désuet, éprouvés (dont la glorification du “Dieu” Jack Daniels), s’avèrent dispensables mais n’entachent guère le set.
Le terrain est donc bien dégagé pour Loudblast, venu presque en voisin puisque originaire de Lille. La clique de Stéphane Buriez officie depuis quasiment trente ans, s’est fendue de plusieurs manifestes du genre, le death-trash, tout en en ouvrant le spectre, et n’a donc plus grand chose à prouver, tant scéniquement que discographiquement. S’ensuit donc une prestation brutale, mais nuancée ça et là avec à propos, plébiscitée autant par la petite palanquée de t-shirts floqués Loudblast que par la jeunesse locale. Les musiciens sont de plus à quelques centimètres du public, ça amuse le père Buriez, tout sourire, d’une éminente sympathie et qui prétend avoir l’impression de jouer dans son salon, et ça favorise évidemment le partage. Le plaisir est vif et partagé, on oscille entre plans leste et speederies dont la bande détient la recette. Le son est parfois un peu trop indistinct mais l’impeccable répertoire de Loudblast, son unité aussi bien qu’il ait partiellement changé de line-up fut un temps, génèrent un rendu qui marquera son monde au fer rouge. Encarts dark/black, furie vocale, brefs élans mélodiques, maîtrise du jeu, il y a  ici tout pour couronner un groupe dont la longévité n’a d’égal que sa plénitude discographique. Et qui en toute modestie, loin de ne penser qu’à lui-même, posera en fin de concert auprès de ses fans et nouveaux fans picards pour une photo-souvenir que beaucoup n’oublieront pas, à l’image du live vécu.
Photos William Dumont.