St. Paul & the Broken Bones – Half the city

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Porté par la voix marquante de son leader-chanteur Paul Janeway, St. Paul & the Broken Bones joue une soul éclectique, marqué autant par un groove funky que par un enrobage strictement lié à son genre, une certaine tension d’obédience rock ou, de façon permanente ou presque, des cuivres pleins d’allant (Sugar dyed, entre autres, qui “déboule” de manière réjouissante).
Half the city, le “debut album” du frontman et de ses Broken Bones plutot efficients, contient ainsi douze titres et beaucoup se situent au dessus de la moyenne, dans le sillage d’un I’m thorn up pourtant un peu trop retenu, sirupeux, sur son début, mais qui décolle un peu plus ensuite. Don’t mean a thing, plus agité pour ensuite se poser, venant parfaire une amorce intéressante bien qu’excessivement bridée. Il y a là, néanmoins, une accroche certaine, des trames racées et Call me installe ensuite un mid-tempo de choix. Voix et cuivres mènent la danse, mais c’est la griffe bluesy de Like a mighty river qui honore ensuite l’ensemble, jamais -ou presque- mièvrement soul.
Au contraire, on sort ici -brièvement- du format tout en en gardant l’esprit, les élans doucereux sont dispensables mais se voient malmenés par des assauts cuivrés (Broken Bones and pocket change), et un appuyé Sugar dyed, celui cité plus haut, apporte un regain d’énergie décisif. Une prestance instrumentale est également à relever (Half the city, électrisé), dans la sobriété toutefois; on regretterait même le manque d’embardées plus hardies, à mon sens d’un apport conséquent. Ainsi, quelques titres promettent, semblent monter en puissance pour finalement demeurer prudents, soul de façon trop marquée (Grass is greener), tout en restant agréables à l’écoute. C’est aussi le cas de Let it be so, Dixie Rothko tient la route grâce à sa dualité voix/cuivres et sa fin enragée comme bon nombre d’autres et l’opus vaut l’écoute tout en lésant par une audace encore éparse. It’s midnight en apportera la preuve en concluant sur une note entièrement apaisée, faisant de ce Half the city un disque…half interesting, qui aurait donc gagné à se faire plus énergique encore.