Jessica 93/Mistress Bomb H (Split) – Salle de shoot

0
1086
Comme chez Ideal Crash, Kerviniou Recordz aime les ziks “non obéissantes”, underground et home made, et les splits basés sur ces principes. Aidé en cela, en l’occurrence, par Bruits de Fond.
Avec Jessica 93 et Mistress Bomb H, respectivement shoegaze-cold “from Paris” et electro-noise “from Rennes”, on est servi et cinq titres nous plongent dans un monde obscur, que le sieur Laporte inaugure avec pour ligne directrice le Pornography de The Cure et un morceau d’ouverture, Endless, qui y aurait parfaitement tenu sa place. Rythmé, griffé par ses guitares, qui ont ce pouvoir de constamment être attrayantes sans jamais trop en faire, voilà un essai obsédant, “sans genre” donc à l’image de ce musicien qui commence en toute logique à défrayer la chronique.
L’entrée en matière est bonne, au delà de ça même, et le parisien confirme avec le fracas de Black dog, toujours sur cette cadence mécanique et selon des plans de guitare vrillés, un climat cold et bruitiste qui d’emblée impose son cachet. Indus dans le “recrachage” des climats, froid comme il se doit, Jessica 93 prépare idéalement le terrain pour la rennaise et son electro dérangée, dérangeante, aussi, comme on aime. Noisy et truffé de sons inédits, Deflation illustre bien la démarche, portée, aussi, par une voix singulière. Une réelle cohérence est trouvée, dans le prolongement du premier artiste, et les saccades de Tax, son groove glacé, valideront le boulot de la Dame. Forte des mêmes ambiances, d’embardées insoumises, elle complète donc de belle manière les sentiers non battus de Jessica 93. Cap, tout aussi agité et chaotique, bâti dans une electro sombre et munie de sonorités simples et décisives, venant clôturer un split 12″ de haute qualité, en phase directe avec l’Autre Musique, celle qui, loin de se plier aux règles, fait la nique avec brio et désinvolture aux fréquentes sorties aseptisées qu’on nous refile toute honte bue.