Le Creil Colors, Mix-Up revu -malheureusement- à la baisse, justifie amplement son appellation…

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Le Mix-Up, festival creillois à placer parmi les temps forts de la saison culturelle de la ville et de la région, ayant vu ses subventions se réduire, c’est le Creil Colors, organisé lui sur une seule soirée, qui le remplace et en dépit de sa durée plus éphémère, l’édition de cette année aura enthousiasmé plus d’un spectateur. 
Jugez donc: pour commencer, les percus indus des Tambours du Bronx. En seconde position, les mythiques FFF, de retour après leur apparition remarquée dans les 90’s. Puis, pour conclure, Amadou & Mariam, étonnamment attractifs de par, entre autres, la musicalité et le côté bigarré de leur registre.
Gratuit, en plus de son menu attitrant, l’évènement mettait donc en scène, dans un premier temps, la clique de percussionnistes spécialistes de la scène, territoire où ils se montrent performants au plus haut point. Et où ils le furent derechef, jouant une série sonique et coordonnée de morceaux indus, étoffés à l’occasion par un chant guerrier et reposant sur une unicité, et une force de frappe, renversantes. Une prestation sans concessions, émaillée, aussi, de séquences electro, et touchant autant au hip-hop qu’au hardcore, sans équivalent dans un genre qu’ils ont de toute façon créé selon des règles uniques: les leurs.
Impactante, la venue des Tambours du Bronx allait trouver dans celle de FFF, à peine vieilli, son pendant fusion de choc. Marco Prince et son acolyte Yarol Poupaud, notamment, faisant preuve d’une vitalité communicative, avec à l’appui une pluie de tubes (Ac2n, Le pire et le meilleur, pour faire -très- court), dont la seule faiblesse résidera dans le chant en Français, révélateur de textes parfois perfectibles.


Les Tambours du Bronx
Qu’à cela ne tienne, l’exécution endiablée de ces équivalents frenchy des Red Hot et autres Fishbone, mêlée à un groove aussi dansant qu’encanaillé, fédèrera la foule, au sein de laquelle des anciens tripperont tout leur saoul et trouveront visiblement leur bonheur. Cuivrée, haute en couleurs, d’un effet durable et percutant, la fusion d’FFF est de celles qui met la banane, surchauffe les amplis et relève d’une guerre scénique dont les géniteurs de Free for fever et Blast culture ressortent vainqueurs haut la main. Le tout à grand renfort de riffs mastoc et de parties funky incitant furieusement au trémoussements. Et dans l’attente, évidemment, de scènes régulières ainsi, pourquoi pas et nous en rêvons tous, d’un opus prochain.
Suite à ce concert que d’aucuns auront extrêmement bien vécu, place à Amadou & Mariam, signataires eux d’un set à la musicalité, et au dépaysement, largement louable et qui, en plus de ses penchants harmonieux, détient l’aptitude à envoûter, à transporter, et une réelle profondeur dans les genres. Un final plein de bonne humeur, aux encarts rock occasionnels mais bien marqués (l’album Folila dévoile d’ailleurs de nombreux featurings dont TV on the radio, Bertrand Cantat ou Ebony Bones et le concert fut à l’image de l’opus en question: métissé), accompli et qui aura pour vertu supplémentaire de parfaire un Creil Colors qu’on attend de(re)voir se développer, tant l’édition 2014 fut probante.
Photos William Dumont.