L’impeccable et énergique soul d’Eli Paperboy Reed à l’Ouvre-Boite de Beauvais…

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A l’Ouvre-Boite de Beauvais, la saison prend fin en fanfare et avant Alela Diane, Eli “Paperboy” Reed et ses True Loves y étaient conviés pour jouer leur soul pétaradante façon Otis Redding ou Sam Cooke. Pulsations, groupe local (?), ouvrant en nous surprenant déjà par sa soul étonnamment bien troussée, jazzy et vivace, façonnée à grand renforts d’orgue bavard, d’une basse bien groove et d’une batterie elle aussi remuante. Ne manque à ce cocktail que le piquant d’une guitare et l’étayage d’un chant plus présent (il ne se fera entendre ce soir que de façon parcimonieuse, dommage!).
Ce qui n’empêche guère le trio de tirer son épingle du jeu, dans une cohérence et une musicalité qui en font une jolie trouvaille. Et donnent vie à un bon moment, dans l’attente bien évidemment d’Eli “Paperboy” Reed.

Lequel ne tardera pas à enflammer la salle, expressif, servi par des musiciens qui ajoutent à son impact et, par dessus tout, une superbe voix. Sa soul gorgé de cuivres chauds, animée par une guitare parfois acérée, faisant mouche non seulement par la qualité des morceaux joués, mais aussi par la communion du bonhomme avec le public. Impossible, vain même, de chercher à endiguer ce flux de chansons enthousiasmantes, tout juste un peu plus ennuyeuses l’espace de quelques essais plus “émotifs”, qui déferlent telle une bourrasque sur l’auditoire et font valoir une instrumentation de tout premier ordre. Les musiciens prenant de surcroît un plaisir visible, dont héritera largement la foule présente. L’artiste ayant en outre le bon goût de se montrer ensuite disponible, échangeant et signant ses disques avec une gentillesse qu’on devine naturelle, non feinte, à l’issue d’un temps fort incontestable. Dans une élégance mâtinée d’une vigueur forcément hautement appréciée.
Photos William Dumont.