Reprise 2014 placée sous le signe d’une puissance -parfois trop?- affirmée à la Lune des Pirates, avec en chef de file Oathbreaker…

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Pour la reprise de ses activités après un court break et une fin 2013 une fois encore attractive, la Lune des Pirates conviait son public, après lui avoir permis de gagner des places de concert lors de ses deux Apérolunes successifs, à une soirée “extrême”. Qui, dans la foulée de l’expo photos de Rachel Azoulay, nouvelle attachée de production de la structure lunaire et programmatrice dudit soir, offrait aux curieux l’occasion de voir trois groupes adeptes de puissance et/ou d’expérimentation: Le Réveil des Tropiques, Vatican et, pour conclure, Oathbreaker.
La formation sans réel leader, basée avant tout sur le sens commun des écarts musicaux captivants, auteure d’un album éponyme improvisé pendant deux jours et trois nuits, déviant et addictif, qui sur scène allait prendre une tournure plus envoûtante encore bien qu’exigeante, inaugurant donc les festivités. Entre déflagrations sonores et accalmies étendues au calme apparent, bruitisme maîtrisé même si “aventureux” et capacité à cheminer de façon déviée sans s’y perdre en chemin, le groupe de chez Music Fear Satan rend même la déviance belle et trouve un créneau inédit, quelque part entre post-rock, noise, krautrock et expérimentation.
Bonne ouverture donc, suivie de Vatican et son chanteur charismatique, signataires d’une noise furieuse, déchirée, pesante aussi (I met a gentlemen+Satan maintenant), bien troussée même si recourant fréquemment à l’impact sonique. Assénée (Dancing), sa musique exhale pourtant quelques moments de finesse (l’amorce d’ I hear a voice) alliés à des déflagrations lestes mais estimables, ou peut hausser le rythme  de façon nette (Hawaï). 
Découverte notable, pourra t-on dire, avant Oathbreaker, belges dotés d’une chanteuse à l’organe vocal qu’on ne peut passer sous silence tant il “braille” avec intensité et une sauvage féminité, et retient par ce biais l’attention, au diapason des trames compactes concoctées par ses acolytes. Dommage, toutefois, qu’une place réduite soit accordée aux passages mélodiques. Ceux-ci faisant respirer l’univers, certes riffant et bien senti, mais éprouvant, parfois, par une “frontalité” qu’il tente adroitement de faire varier dans ses atours, d’Oathbreaker. Pour une prestation malgré cela de taille, à l’impact certain, dans le ton d’un soir dédié à une certaine idée de l’extrême et du saturé, décliné pour le coup de trois façons distinctes et complémentaires.


Photos William Dumont.